NOUVELLES

Syrie: des camions du Croissant-Rouge sont mitraillés et bombardés à Homs

08/02/2014 10:26 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

BEYROUTH - Deux camions transportant de la nourriture et des fournitures médicales dans les quartiers sous contrôle rebelle de la ville syrienne assiégée de Homs ont rebroussé chemin sous un feu nourri, samedi, laissant quatre techniciens paramédicaux blessés alors que le cessez-le-feu implosait, ont indiqué des responsables syriens.

Selon des membres de l'opposition, le gouvernement a violé la trêve en lançant une attaque à la roquette contre l'un des quartiers tenus par les rebelles.

Talal Barrazi, le gouverneur de la province de Homs, a déclaré à la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadeen que l'attaque était survenue à la fin de l'après-midi, et que les camions avaient été ciblés par deux engins artisanaux et un obus de mortier.

Il a plus tard ajouté, sur les ondes de la télévision d'État syrienne, que deux camions avaient pu atteindre les quartiers rebelles plus tôt dans la journée. Al-Mayadeen a elle aussi mentionné que deux véhicules transportant 250 rations avaient pu entrer dans des zones rebelles samedi.

Au dire de la télévision syrienne, quatre employés du Croissant-Rouge syrien ont été blessés par des tirs rebelles dans cette zone, mais aucun autre détail n'a été donné.

M. Barrazi a souligné qu'environ 100 civils devant être évacués des quartiers rebelles étaient encore attendus. Vendredi, 83 enfants, femmes et vieillards dans des chaises roulantes ont été évacués de Homs, a dit l'ONU, avant de précisé qu'il s'agissait des premières évacuations depuis des mois.

Des forces syriennes loyales au président Bachar al-Assad ont empêché l'entrée de nourriture et de fournitures médicales dans les zones rebelles depuis plus d'un an, affectant durement les centaines de civils coincés dans ces quartiers assiégés. Un accord prévoyait une trêve de trois jours afin de permettre l'évacuation de certains civils et l'entrée de livraisons de nourriture.

L'entente avait été obtenue après des discussions en Suisse, le mois dernier, entre des responsables gouvernementaux et des militants de l'opposition en exil pour tenter de mettre fin au conflit qui dévaste le pays depuis trois ans. Les parties doivent se rencontrer de nouveau le 10 février.

Al-Mayadeen a diffusé des images en direct montrant deux camions identifiés comme appartenant au Croissant-Rouge revenant sous un feu nourri. Le journaliste sur place a précisé qu'une balle avait atteint le radiateur de l'un des deux véhicules.

«Après que les camions eurent roulé sur environ 200 mètres, deux bombes ont sauté, et lorsqu'ils ont continué de progresser, un obus de mortier est tombé dans la zone, en provenance d'Hamadiyeh», a dit le gouverneur, en parlant d'un quartier sous occupation rebelle.

La ville fut l'une des premières régions du pays à se soulever contre le président en 2011, et a été particulièrement affectée par la guerre. Au cours de la dernière année, le gouvernement a reconquis la majeure partie de Homs, à l'exception de certains quartiers dans le centre historique de la ville.

Samedi, une coalition de militants syriens en exil ont dit craindre que l'entente ne soit utilisée comme un «prélude à la destruction de la ville par le régime».

«Damas a utilisé des accords similaires pour acheter du temps pour renforcer ses positions sur le terrain et tuer davantage de civils», a déclaré la Coalition syrienne dans un communiqué publié samedi.

Samedi, toujours, des avions militaires ont largué des barils explosifs sur des zones rebelles dans la ville d'Alep (nord), tuant au moins 15 personnes. Ces bombardements s'inscrivent dans la foulée d'une campagne déclenchée depuis une semaine par les forces d'al-Assad pour reprendre le contrôle de la ville, dont des quartiers ont été conquis par les rebelles à la mi-2012.

Pour les militants, de tels bombardements préparent habituellement la voie pour une avancée gouvernementale. Mais les armes de facture artisanale — des cylindres bourrés d'explosifs et de shrapnels habituellement largués par des hélicoptères — ne peuvent être lancées de façon précise et ont tué des centaines de civils.

Plus de cinq bombes du genre ont explosé sur divers quartiers d'Alep, tuant au moins 15 personnes.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a de son côté compté 16 morts, y compris cinq enfants et une femme, dans une zone d'Alep contrôlée par le gouvernement.

PLUS:pc