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Russie: 40 interpellations lors d'une action de soutien à une chaîne d'opposition

08/02/2014 10:03 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

Près de 40 personnes ont été interpellées samedi à Moscou lors d'une action de protestation, consistant à rester debout sous un parapluie afin de soutenir la principale chaîne d'opposition en Russie, Dojd (pluie en russe), qui se dit menacée de fermeture.

Près de 150 personnes se sont réunies vers 13H00 GMT sur la Place du Manège, située près du Kremlin, dans le centre de Moscou, pour participer à cette action, a constaté un photographe de l'AFP.

Mais lorsque les participants ont commencé à ouvrir leur parapluie, la police est intervenue pour les interpeller, indiquant que cette action n'avait pas été autorisée.

Près de 40 personnes ont été arrêtées, a indiqué le service de presse de la police de Moscou, cité par l'agence Interfax.

La chaîne Dojd se dit menacée de fermeture, étranglée par la décision des principaux opérateurs câblés de ne plus la diffuser, qui vise selon elle à lui faire payer son indépendance.

La chaîne se trouve sous le feu des critiques depuis qu'elle a demandé à ses spectateurs et internautes si les autorités soviétiques n'auraient pas dû livrer Leningrad, devenue aujourd'hui Saint-Pétersbourg, à l'Allemagne nazie "pour sauver des centaines de milliers de vies".

La question à l'origine du scandale a été publiée à l'occasion des 70 ans de la fin du siège de Leningrad qui a duré de septembre 1941 à janvier 1944, pendant lequel la ville a perdu les deux tiers de ses habitants en raison de la faim, du froid, de l'épuisement et des bombardements.

Elle a été rapidement retirée du site de la chaîne et la direction de Dojd s'est excusée.

Mais depuis, plusieurs opérateurs ont annoncé qu'ils retiraient Dojd de leur offre.

Exception dans un paysage audiovisuel dominé par des chaînes publiques bienveillantes envers le pouvoir et des chaînes privées mises au pas, Dojd accorde un important temps d'antenne aux voix critiques.

Elle a amplement couvert le mouvement de contestation sans précédent contre Vladimir Poutine en 2012 ou plus récemment la libération des jeunes femmes du groupe contestataire Pussy Riot. Elle a vu son audience multipliée par dix en deux ans.

pho-lap/bap

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