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Premier médaillé, Mark McMorris a rebondi avec brio après une semaine d'enfer

08/02/2014 08:14 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

KRASNAÏA POLIANA, Russie - Considéré il y a quelques mois comme le favori pour donner au Canada un podium en slopestyle, Mark McMorris a répondu aux attentes, samedi, en décrochant une médaille de bronze — la première d'un athlète canadien aux Jeux de Sotchi. Mais il a réussi l'exploit seulement après s'être extirpé d'un énorme creux de vague.

Tout d'abord, il s'est fracturé une côte aux X-Games, il y a deux semaines. Pendant ce temps, son compatriote Maxence Parrot a remporté deux épreuves à Aspen. Qui plus est, le Québécois de 19 ans a survolé les qualifications cette semaine au Parc extrême Rosa Khutor, alors qu'il a établi un record personnel au chapitre des points. Pendant ce temps, malgré des descentes sans faute, McMorris a peiné à atteindre le cap des 90 points, ce qui l'a obligé à passer par le stade de la demi-finale.

Tout à coup, on déclarait un nouveau favori en vue de la finale: Parrot. Mais ce faisant, on faisait fi de la détermination de McMorris.

«J'ai réussi à traverser toutes sortes de choses ces derniers temps, a souligné l'athlète de Regina à la conclusion de la conférence de presse réservée aux médaillés. J'ai eu de très bons résultats cette saison, dans toutes les compétitions auxquelles j'ai pris part en fait. La blessure a été un accident malheureux. Le fait d'être sur le podium moins de deux semaines plus tard, c'est comme un rêve devenu réalité.

«Ç'a été des montagnes russes absolument folles, a aussi dit McMorris des dernières semaines. J'étais confiant après mes entraînements ici, mais ensuite j'ai chuté, alors j'ai dû recommencer sous pression et alors, j'ai obtenu des scores étranges. Il a donc fallu tout recommencer (samedi, en demi-finale et en finale). J'ai donc vécu plein de hauts et de bas, et ç'a fini au sommet.

«Je dois donc être reconnaissant. J'espère juste que je ne vivrai jamais plus pareille semaine!, a-t-il dit après avoir reconnu qu'il n'avait jamais vécu autant de pression au cours de sa carrière. Ç'a été la semaine la plus épuisante mentalement de ma vie.»

Et pourtant, dans ce contexte, McMorris a réussi la descente qu'il visait de faire lors de la deuxième et ultime manche de la finale.

«C'était une sensation incroyable, a-t-il dit. Je priais pour qu'on ne me tasse pas du podium. Je pensais obtenir un score plus élevé que ça, mais j'étais tout simplement heureux de ma descente. Quand tu réussis la meilleure descente que tu peux faire, tu dois en être satisfait et après, les juges décident du reste.»

McMorris s'est retrouvé dans une situation particulière puisque c'est Parrot qui a été le dernier concurrent à faire sa descente. Il se retrouvait donc en danger d'être poussé hors du podium par un compatriote.

McMorris croyait d'ailleurs que c'était le cas après que Parrot eut complété sa descente.

«Je m'apprêtais à quitter (l'aire d'attente) et (l'officiel de la FIS) m'a dit, 'attends, on ne sait jamais!' Je lui ai répondu, 'je suis pas mal sûr que je sais'. Et puis le score a été affiché et j'étais encore troisième.

«C'est décevant pour Max, parce qu'il a fait une bonne descente.»

McMorris était également reconnaissant du travail «incroyable» accompli par l'équipe médicale de l'équipe canadienne depuis sa fracture.

«Ils m'ont remis sur ma planche en l'espace de neuf jours. D'avoir pu réussir ce que j'ai réussi aujourd'hui... Ils m'ont vraiment aidé, avec des moyens naturels à part ça», a-t-il lancé avec candeur.

McMorris a révélé qu'il s'est fracturé la 11e côte dans le dos à Aspen.

«Il y a une tonne de muscles autour qui se sont raidis et qui ont agi comme un plâtre. Nous avons essayé de me rendre le plus mobile possible afin que je sois capable d'encaisser l'impact des atterrissages. Ç'a été difficile de me rendre plus libre de mes mouvements. On a fait une tonne d'acupuncture, des massages à la main, des bains tourbillon, a-t-il expliqué. Le fait d'avoir réussi à bien atterrir à mon dernier saut est un hommage au travail médical qu'on a fait sur moi.»

Plus tôt dans la journée de samedi, l'autre Québécois inscrit en slopestyle, Charles Reid, a été éliminé en demi-finale. L'athlète originaire de Mont-Tremblant a chuté en fin de parcours de chacune de ses deux descentes et il a dû se contenter d'un score de 46,25 enregistré lors du premier tour. Reid s'est blessé lors de cette descente, mais il était au départ du deuxième tour à l'issue duquel il a dû se contenter d'une note de 43,50.

«Les gars sont plus affamés ici qu'aux X-Games, a constaté Reid. Le niveau est élevé.

«Le premier saut, je suis allé un peu trop loin et je me suis fait mal aux côtes (à l'atterrissage), j'ai compressé mes organes, alors je me sentais vraiment faible en deuxième manche, a-t-il par ailleurs expliqué. Mais je me suis dit que je n'avais rien à perdre en essayant.»

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