NOUVELLES

Les civils paient le prix du conflit en Afghanistan

08/02/2014 07:48 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

En Afghanistan, l'intensification des combats entre le gouvernement et les insurgés, à la faveur du retrait progressif des troupes étrangères, a fait plus de 8600 victimes civiles l'an dernier, soit une hausse de 14 % par rapport à 2012, annoncent les Nations unies (ONU) dans un rapport publié samedi.

Les trois quarts des victimes sont imputables au mouvement taliban, indique le document. Dans un communiqué, le représentant spécial des Nations unies Jan Kubis a d'ailleurs demandé aux insurgés talibans de « cesser d'attaquer délibérément des civils » et d'utiliser « sans discernement » des engins explosifs.

La cause la plus fréquente des décès est due aux bombes, mines et autres engins explosifs qui sont actionnés par les insurgés dans les lieux publics. Ce mode opératoire est responsable d'un tiers des victimes civiles, dont le nombre total s'est élevé à 2959 morts et à 5656 blessés, selon le bilan annuel dressé par la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA).

Par ailleurs, le rapport indique que les troupes de la force internationale d'assistance à la sécurité, sous commandement de l'OTAN, sont responsables d'environ 3 % des victimes.

Si le nombre de frappes aériennes, source majeure de tension entre le président afghan Hamid Karzaï et les États-Unis, est en baisse de 10 % (54 au total, dont 19 par drones), elles sont particulièrement meurtrières, notamment pour les femmes et les enfants. Ces derniers représentent près de la moitié des victimes. Le nombre de victimes civiles imputable aux frappes de drones a plus que triplé par rapport à 2012.

Le rapport signale aussi une forte augmentation des incidents dus à la police locale afghane (PLA), créée en 2010 pour travailler dans les zones dangereuses ou reculées. Le nombre de morts et de blessés liés à la PLA, notamment par exécutions sommaires ou actes de vengeance, a triplé.

La MANUA accuse la PLA d'être à l'origine de « graves violations des droits de l'homme » en toute « impunité ». Ces violations seraient perpétrées notamment grâce au soutien de décideurs politiques au niveau national ou provincial.

La MANUA suppose que ces exactions ont été menées en toute impunité puisqu'elle n'a pas été en mesure de trouver d'informations sur d'éventuelles poursuites ou mesures de suspension à l'égard des présumés coupables sur la centaine de cas portés à la connaissance des autorités.

PLUS:rc