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Grandir, un parcours du combattant à la Berlinale

08/02/2014 03:35 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Grandir est un parcours du combattant à la 64e Berlinale où ont été projetés en compétition "'71", avec pour décor les émeutes de Belfast, et "Jack", sur des gamins à l'abandon dans le Berlin d'aujourd'hui.

"C'était important pour moi de montrer autant d'enfants et d'adolescents, montrer ce que c'est que de grandir dans un conflit", a raconté à l'AFP le réalisateur de "'71" Yann Demange, premier film de fiction de ce Français qui vit depuis presque toujours à Londres et s'est fait connaître en filmant des concerts ou des clips.

"Quand j'ai fait des recherches pour le film, je me suis aperçu que beaucoup d'acteurs clés de l'époque étaient juste des gamins".

"'71" raconte le choc de l'arrivée d'une très jeune recrue de l'armée britannique un jour de 1971 à Belfast alors en proie à des violences croissantes entre protestants et catholiques.

Ces violences inter-communautaires ont fait 3.500 morts en 30 ans.

Gary Hook (Jack O'Connell, qui vient de tourner dans le nouveau film d'Angelina Jolie) se retrouve avec son unité dans une ville en plein chaos.

Le briefing a été court: la ville se compose de quartiers de protestants qualifiés de "loyalistes", et d'autres de catholiques "hostiles". Des deux côtés, il y a des unités paramilitaires auxquelles s'ajoutent des groupes radicaux, ici souvent très jeunes, et enfin des espions sous couverture.

Jack va se retrouver contre son gré séparé de son unité, pourchassé par une bande d'ados armés qui ont juré de l'abattre comme son copain.

S'ensuit une course poursuite haletante dans les ruelles de la ville, début d'une nuit cauchemardesque pour Jack dont la seule issue est de retrouver le chemin de sa caserne. Comment? Un gamin aux allures de gavroche rencontré par hasard y laissera la vie.

Pour Sean aussi (Barry Keoghan), qui incarne ces "jeunes gens à la recherche d'une tribu" sur le champ de bataille, selon Demange, l'heure du choix sonnera.

"Barry n'avait pas fait grand chose quand je l'ai rencontré mais il a ce visage étonnant et cette incroyable âme supplémentaire qui ont beaucoup apporté au film".

Changement de décor et d'époque avec "Jack" du réalisateur allemand Edward Berger. L'action se situe dans le Berlin d'aujourd'hui, celui d'une classe moyenne et d'une mère Sanna dont les priorités sont plus de se trouver un homme que de gérer le quotidien de ses deux enfants. Pour cela il y a Jack (incroyable Ivo Pietzcker).

A 10 ans, il a endossé la responsabilité de son petit frère de six ans, quasiment du lever au coucher.

"La mère aime ses enfants mais elle est juste trop jeune, aime s'amuser", a raconté à la presse Edward Berger.

Un jour un accident arrive. Manuel (Georg Arms, d'un naturel désarmant) se brûle avec l'eau de la baignoire. Jack est placé dans un établissement spécialisé pour gamins dont il s'échappera pour retrouver l'appartement familial. Sa mère n'est plus là et n'a pas laissé de clé. Son petit frère a été placé chez une amie, ravie de s'en débarrasser.

Les deux garçons vont alors partir sur les traces de leur mère dans un Berlin sans charme, dormant dans une voiture abandonnée, finissant par voler un peu de lait dans une cafétéria en guise de petit-déjeuner.

Aucun adulte ou presque ne se posera la question de savoir ce que font deux jeunes garçons dans les rues livrés à eux-mêmes, la nuit aussi.

Jack, de temps en temps, s'autorise une larme.

Le jeune Ivo, âgé de 11 ans aujourd'hui, ne sait pas encore s'il deviendra acteur. "Il y a d'autres choses que j'aimerais faire"!

da/fjb/pt

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