Emprunter pour cotiser à son REER : une bonne idée?

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Nick Koudis via Getty Images

REER par-ci, REER par-là : l’incitation à épargner est telle ces dernières années que certaines institutions financières vous offrent même d’emprunter pour cotiser à votre épargne-retraite. Une stratégie à employer avec modération, selon les experts.

Sur le site de Desjardins, l’institution financière donne un exemple de ce qu’elle considère comme un prêt avantageux pour cotiser à un REER. Selon l’exemple, votre revenu imposable est de 50 000$ et vous avez déposé 2000$ dans votre REER cette année. Pour maximiser vos droits de cotisation REER, vous pourriez emprunter 8 000$ en contractant un prêt de 2 ans au taux de 5,35 %, portant ainsi votre cotisation à 10 000$.

Selon Desjardins, grâce à cette cotisation supplémentaire, vous recevrez un remboursement d'impôt de 3 840 $ (taux d'imposition de 2012), dont vous pourrez vous servir pour réduire le solde de votre prêt (le portant à 4 160 $). Si vous décidez d'acquitter ce solde en deux ans, à l'échéance, ce prêt vous aura coûté 236 $. «En somme, pour bénéficier d'une cotisation REER supplémentaire de 8 000 $, vous aurez à rembourser un prêt de 4 396$ seulement (4160$ + 236$)», stipule la coopérative de services financiers.

Emprunts REER : pas à n’importe quel prix

La stratégie semble avantageuse, mais plusieurs conseillers financiers la déconseillent néanmoins. «Ma nature conservatrice est de décourager mes clients à emprunter pour autre chose que pour l’hypothèque», affirme Charles Paiement, conseiller en placement pour la Financière Banque Nationale.

M. Paiement consent toutefois à certaines exceptions, notamment «si le contribuable est temporairement serré financièrement et n’a pas les liquidités nécessaires en ce moment, mais a la certitude de les avoir dans un futur rapproché».

Sur son site web (www.rrq.gouv.qc.ca), la Régie des rentes du Québec (RRQ) mentionne que «tout prêt REER totalement remboursé en un an est convenable. Au-delà de cette période, l'écart entre le rendement attendu et le taux d'emprunt est l'élément décisionnel.»

Même son de cloche du côté de M. Paiement : «Si vous empruntez, assurez-vous d’emprunter un montant que vous pouvez rembourser d’ici un an. L’année prochaine, vous aurez le même dilemme», souligne-t-il.

«La stratégie populaire de cotiser au REER et d'utiliser le remboursement pour amortir la dette est un compromis justifié, mais pas nécessairement optimal», met par ailleurs en garde la RRQ.

Pour savoir si ça vaut le coup d’emprunter pour cotiser, l’organisme gouvernemental conseille de faire l’examen des intérêts que vous paierez sur le prêt, du rendement que vous obtiendrez sur vos placements, mais surtout de l’économie d’impôt que vous procurerait votre cotisation supplémentaire à votre REER.

Compte tenu de ce dernier facteur, la stratégie d’emprunter pour cotiser s’avère en général plus profitable pour les contribuables ayant un revenu élevé (et, par conséquent, un taux d’imposition marginal élevé), car une plus grande cotisation REER leur fera bénéficier d’économies substantielles d’impôt.

Quant à la possibilité d’emprunter pour cotiser à un compte d’épargne libre d’impôt (CELI), M. Paiement est catégorique : «Je déconseille fortement pour le CELI. Si vous n’avez pas de liquidités, n’investissez pas dans le CELI pour le moment.»

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