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Centrafrique: mise en garde musclée du chef de la Misca aux groupes armés

08/02/2014 07:08 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

Le commandant de la force africaine en Centrafrique (Misca) a adressé samedi une sévère mise en garde aux groupes armés et autres "hors-la-loi" qui continuent de se livrer à des exactions à Bangui et dans le pays.

"Je demande à tous les hors-la-loi de déposer les armes, à tous les ex-FACA (forces armées centrafricaines, armée régulière) de rester cantonnés. Sinon, ils seront considérés comme des hors-la-loi, des bandits et trouveront en face d'eux les forces de la Misca pour mettre un terme à leurs agissements", a déclaré lors d'un point de presse le général camerounais Martin Tumenta Chomu.

"Désormais, on aura des bilans (de victimes) et des bilans lourds", a-t-il averti sans donner davantage de précisions.

Interrogé sur les exactions commises ces derniers jours à Bangui et en province par les milices chrétiennes anti-balaka, le général Tumenta Chomu les a qualifiés de "nébuleuse de hors-la-loi". Il a salué "les opérations menées par des soldats de la RDCongo qui ont permis de boucler certains quartiers de Bangui, de procéder à des rafles et de récupérer beaucoup d'armes".

Samedi, des soldats congolais de la Misca continuaient de fouiller des maisons, supposées appartenir à des "anti-balaka", dans le quartier chrétien de Miskine, a constaté une journaliste de l'AFP qui a pu apercevoir plusieurs fusils saisis.

Vendredi, la force française déployée en Centrafrique, Sangaris, avait montré à la presse l'arsenal saisi par ses soldats et ceux de la Misca depuis le début décembre.

Selon une source militaire française, si les armements lourds (mines anti-chars, canons) ont été saisis essentiellement dans les dépôts de l'ex-rébellion à dominante musulmane Séléka, qui ont occupé le pouvoir entre mars 2013 et janvier dernier, les milices chrétiennes disposent elles aussi de nombreux fusils d'assaut, lance-roquettes et également de mines anti-personnel.

Samedi, le commandant de la Misca est également revenu sur des incidents qui se sont produits mardi au nord-ouest de Bangui, où des soldats tchadiens ont été attaqués notamment à Boali (90 km au nord de Bangui), par des anti-balaka, alors qu'ils étaient venus évacuer des populations musulmanes".

Selon lui, "cette colonne tchadienne, entrée en Centrafrique avec l'autorisation de la Misca, a été attaquée par des hors-la-loi qui ont abattu son chef, un colonel". "Evidemment il y a eu une riposte avec un bilan", a-t-il dit sans préciser le nombre de victimes.

Selon des témoignages recueillis par l'AFP auprès de musulmans évacués dans ce convoi, les attaques ont été perpétrées par des miliciens chrétiens à Bossembélé (150 km au nord-ouest de Bangui) et à la sortie de Boali.

Un des témoins, le jeune Mimoune, embarqué à Boali dans le convoi, a affirmé qu'après avoir été attaquée, "les soldats tchadiens ont tiré toute la nuit dans la ville".

La Misca compte à ce jour 5.407 hommes, venus de huit pays africains (Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République démocratique du Congo, Rwanda et Tchad), selon les derniers chiffres obtenus auprès de la force. Elle doit atteindre un effectif total de 6.000 hommes.

alc/mc/sba

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