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Vladislav Tretiak allume la vasque à la cérémonie d'ouverture des Jeux de Sotchi

07/02/2014 11:42 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

SOTCHI, Russie - Sotchi s'est enflammée, vendredi, avec de la musique et de la danse pour concrétiser l'ultime projet de la Russie de Vladimir Poutine: des Jeux olympiques d'hiver qui mettront en vedette les meilleurs athlètes sur la glace et la neige que le monde a à offrir.

La cérémonie d'ouverture sur les rives de la mer Noire et les compétitions à venir offrent l'occasion à la Russie de raconter au monde son histoire de résurrection post-soviétique — et d'éclipser la colère, les craintes et les soupçons ayant marqué la préparation de ces Jeux les plus dispendieux de l'histoire, évalués à plus de 50 milliards $.

Les athlètes ont fait leur entrée en scène dans le stade olympique Fisht, dans un défilé traditionnel au coeur de toutes les cérémonies d'ouverture. Quelque 3000 athlètes disputeront les 98 disciplines au programme, deux sommets pour des Jeux d'hiver.

Une image satellite de la Terre a été projetée au sol lors de l'entrée des athlètes, la carte se transformant afin que ceux-ci émergent de la structure de leur propre pays. Les représentants du Canada — entrés à mi-parcours du défilé — arboraient des manteaux et des tuques rouges et noirs conçus par La Baie, tandis que les athlètes des Iles Caïmans sont arrivés en culottes courtes!

La hockeyeuse vedette Haley Wickenheiser a fait son entrée dans le stade à la tête de la délégation canadienne avec le drapeau canadien. Le Canada a envoyé 221 athlètes à Sotchi — son plus important contingent pour des Jeux d'hiver —, bien que certains d'entre eux n'ont pas assisté à la cérémonie d'ouverture pour ménager leurs forces. D'autres ne sont pas encore arrivés à Sotchi, comme les membres de l'équipe masculine de hockey.

«C'est un très grand honneur de représenter le meilleur du Canada, c'est formidable. Quelle euphorie!», a exprimé Wickenheiser après le défilé des athlètes.

Joint sur place, Charles Hamelin, double médaillé d'or aux Jeux de Vancouver en patinage courte piste, a également affirmé à Radio-Canada apprécier l'ambiance dans le stade. «Tout le monde chantait, tout le monde criait, l'ambiance était très bien. J'ai adoré l'expérience», a-t-il exprimé, disant aussi avoir pu constater le très bon état de la surface glacée pour les compétitions.

Vladislav Tretiak, hockeyeur vedette russe de la Série du siècle de 1972, a fait le dernier doit vers la vasque olympique. Tretiak, l'un des plus grands gardiens de but de l'Histoire, était accompagné de la patineuse artistique Irina Rodnina, médaillée d'or en couple pour trois Jeux olympiques consécutifs, pour allumer la vasque.

Le parcours de la flamme dans le stade a été amorcé par la grande joueuse de tennis Maria Sharapova, puis complété par Alina Kabayeva, ancienne gymnaste championne olympique — ayant vécu une relation connue avec M. Poutine, bien que réfutée par le Kremlin —, le lutteur Alexander Karelin et la sauteuse à la perche Yelena Isinbayeva.

La cérémonie a démarré avec l'évocation par une jeune fille de grandes figures et réalisations de la Russie, incluant l'auteur Anton Tchekov, le compositeur Piotr Tchaikovsky et le satellite Spoutnik 1. Le montage d'ouverture a été suivi d'un numéro musical représentant la vaste étendue géographique et multiculturelle du pays hôte.

La cérémonie fut élaborée comme une célébration de la Russie et présentée selon la version du président Vladimir Poutine: un pays avec une histoire riche et complexe émergeant de deux décennies ardues et désormais en mesure d'organiser un tel événement sportif international majeur.

Un accroc est survenu lors de l'éclairage des cinq anneaux olympiques parallèlement au chant de l'hymne national russe. Cinq flocons de neige sur des câbles ont été joints dans le haut du stade, et quatre d'entre eux se sont transformés en anneaux olympiques — mais le cinquième ne s'est jamais formé et aucun ne s'est enflammé comme ils se devaient. Le procédé a été repris avec succès à la fin de la cérémonie, au sol, après l'embrasement de la vasque olympique.

Dans un clin d'oeil à la longue histoire de la Russie, l'hymne a été chanté par le choeur du monastère de Sretensky, ayant 600 ans d'existence, un symbole du rapprochement croissant entre le gouvernement et l'Église russe orthodoxe.

Ne figuraient pas au programme la répression par l'administration Poutine d'opposants, les craintes d'actes de terrorisme et les vastes mesures de sécurité aux JO, qui se tiennent à quelques centaines de kilomètres de secteurs frappés par les violences persistantes et les tensions avec des activistes. Également éclipsées sont les tensions avec les États-Unis concernant l'Ukraine, pays voisin, la Syrie et les fuites sur les pratiques d'espionnage de la NSA américaine par l'ex-contractant Edward Snowden.

Bien que certains dirigeants mondiaux ont décidé de ne pas prendre part à la cérémonie, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, était à Sotchi et a livré un discours vidéo tout juste avant le début de la cérémonie. Ban Ki-moon s'était prononcé contre la loi russe disant s'attaquer à la «propagande» homosexuelle, mais n'en a pas fait référence à la cérémonie.

Vladimir Poutine a été présenté à la foule de quelque 40 000 spectateurs, au début de la cérémonie, s'est avancé dans la section des dignitaires et a serré la main du président du CIO, Thomas Bach. Il a plus tard déclaré au micro l'ouverture officielle des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi.

M. Bach s'est attiré de chauds applaudissements en affirmant à la foule qu'il est possible de tenir des JO «avec tolérance et sans aucune forme de discrimination».

Le directeur du comité organisateur de Sotchi, Dmitry Chernyshenko, a fait écho à la fierté qui habitait plusieurs Russes présents, vendredi, en déclarant que le pays est désormais «au coeur de ce rêve qui devient réalité». «Les Jeux de Sotchi sont notre chance de démontrer au monde entier le meilleur de ce qui fait la fierté de la Russie», a-t-il exprimé.

À Montréal, la vasque dans laquelle brûlait la flamme olympique lors des Jeux de 1976 a été rallumée vendredi, pendant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi. La flamme brillera jusqu'au 23 février, puis du 7 au 16 mars, à l'occasion des Jeux paralympiques.

Dans un geste de solidarité à l'égard de la communauté gaie et lesbienne, la niche de la Tour du Parc olympique revêtira les couleurs de l'arc-en-ciel vendredi soir, indiquait un communiqué du Parc olympique.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a aussi officiellement hissé le drapeau arc-en-ciel sur l'hôtel de ville. Pendant deux semaines, ce drapeau doit côtoyer celui des Jeux olympiques au-dessus de l'entrée principale.

À Toronto, le maire Rob Ford a ordonné vendredi que l'on retire le drapeau arc-en-ciel gai qu'on avait hissé devant l'hôtel de ville pour protester contre la loi jugée homophobe adoptée en Russie avant les Jeux olympiques de Sotchi.

Rob Ford a indiqué que c'est plutôt l'unifolié qui devrait flotter à l'hôtel de ville, en appui aux athlètes canadiens.

Les Jeux de Sotchi ont été précédés d'un tollé international contre la loi russe interdisant toute «propagande» homosexuelle auprès des mineurs.

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