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07/02/2014 10:45 EST | Actualisé 07/02/2014 10:49 EST

«The Grand Budapest Hotel» de Wes Anderson fait craquer la Berlinale (PHOTOS)

Courtoisie

BERLIN – La folie. Plus de 350 journalistes se sont empaquetés comme des sardines à la conférence de presse qui s’est tenue hier quelques minutes après la projection du très attendu film d’ouverture The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson en lice pour le l’Ours d’or.

Et pour cause, le cinéaste, tout sourire, était entouré de sa distribution impressionnante composée d’une pléiade de vedettes allant de Bill Murray à Ralph Fiennes en passant par Tilda Swinton, Jeff Goldblum, Edward Norton et Willem Dafoe.

Le quadragénaire Wes Anderson, dorénavant habitué aux ouvertures de festival (en 2012 son magnifique Moonrise Kingdom avait été lancé à Cannes) est venu cette fois inaugurer la prestigieuse Berlinale avec son nouvel opus, le très abouti The Grand Budapest Hotel.

Le réalisateur du Fantastic Mr. Fox et du Darjeeling Limited livre dans ce nouveau long métrage une vision totalement décalée et burlesque d’une Europe de l’entre-deux-guerres. Même s’il explore à sa manière une période plus sombre qui va de 1914 à 1933, Anderson dit s’être nourri avant tout par le travail des écrivains et en particulier de 24 heures de la vie d’une femme, une œuvre de Stephen Zweig dont s’inspire le film.

«Aux États-Unis ou en Angleterre il n’est encore pas trop connu, a regretté le réalisateur. Même si quelques éditeurs commencent à traduire ses œuvres. Alors qu’en Allemagne et en France, il est très populaire. En ce qui me concerne, je l’ai découvert en lisant La pitié dangereuse que j’ai aimé dès la première page. J’ai ensuite lu tous ses livres, dont ses superbes mémoires. Cependant, dans le film, il s’agit davantage de reproduire une atmosphère à la Zweig que de s'inspirer d'un roman en particulier».

Inspiré par Lubitsch, Bergman et Kubrick

La littérature d’accord, mais pas uniquement. Ernst Lubitsch, un des leaders de la comédie américaine a également influencé le travail du dandy texan. "Durant le tournage à Görlitz, nous avions une panoplie d’œuvres à visionner parmi lesquels se trouvaient des films de Lubitsch. Et Le Silence d’Ingmar Bergman dont la trame se déroule aussi dans une contrée imaginaire», a-t-il raconté tout en avouant avoir puisé sa façon de travailler à Stanley Kubrick qu’il considère comme son maître.

Bien que ses influences esthétiques «conscientes ou inconscientes» soient nombreuses, Anderson insiste sur le fait qu’elles ne prennent jamais le dessus. «Lorsque l’on fait un film de troupe tel que celui-ci, la véritable expérience se trouve durant le tournage où je rentre en contact avec tous ces talentueux acteurs. Si l’on a surtout travaillé l’environnement du film, c’est en particulier pour avoir la possibilité de fabriquer un décor dans lequel ils pourront jouer. Au fond, l’unique question que je me pose, est celle de savoir comment faire pour s’amuser tous ensemble, pour rendre l’expérience encore plus captivante», a-t-il dit.

«La vision de Wes est magique. Il réussit à mettre sur pellicule ses rêves et son imaginaire, a rétorqué Bill Murray. Les comédiens acceptent de jouer dans ses films, car ils savent qu’ils vont avoir du plaisir. Et puis, il faut dire qu’on l’aime bien».

L’acteur fétiche d’Anderson ne refuse jamais une proposition du réalisateur que ce soit en premier ou second rôle. «Je sais qu’avec lui, mes journées de travail vont être longues sans être bien payé, a-t-il rigolé. Cela fait maintenant quinze ans que je suis à ses côtés, alors la romance a depuis disparu», a-t-il conclu sous les rires de la salle.

EN IMAGES:

The Grand Budapest Hotel

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