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Syrie: des habitants de Homs en passe d'être évacués après un long siège

07/02/2014 05:00 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Des habitants assiégés par l'armée à Homs devaient sortir vendredi de la ville syrienne pour la première fois depuis plus de 600 jours, au moment où le régime confirmait sa participation aux prochaines négociations avec l'opposition le 10 février.

L'évacuation des civils souhaitant sortir de cette ville, considérée comme "la capitale de la révolution" et qui a payé au prix fort son opposition au régime de Bachar al-Assad, a fait l'objet d'un accord entre les autorités syriennes et l'ONU.

Cet accord prévoit également l'acheminement d'aides à ceux qui ont souhaité rester à l'intérieur des quartiers tenus par les rebelles et qui restent assiégés, mais ce processus ne commencera pas avant samedi, selon le gouverneur de Homs (centre), Talal Barazi.

L'évacuation des civils de Homs, inédite depuis le siège imposé à la mi-2012, doit commencer "dans les prochaines heures", en milieu de journée, a précisé à l'AFP le gouverneur de l'un des principaux fronts de la guerre entre le régime et les rebelles.

"Les enfants de moins de 15 ans, les hommes de plus de 55 ans et les femmes" sont autorisés à partir, d'après lui.

La situation humanitaire désespérée dans les 13 quartiers rebelles du Vieux Homs, où les habitants grappillent tout ce qu'ils trouvent pour se nourrir, a été maintes fois dénoncée par la communauté internationale.

Tôt le matin, une équipe du gouvernorat, de l'ONU et du Croissant Rouge s'est dirigée vers la vieille ville "pour assurer la sortie des civils" et "leur transfert à l'endroit où ils le souhaitent", a précisé M. Barazi.

"Demain, la première partie des aides alimentaires et de secours parviendront à ceux qui en ont besoin dans la vieille ville", a-t-il ajouté.

Selon l'ONU, l'accord "permettra de fournir une aide vitale à quelque 2.500 civils".

Priorité au "terrorisme' à Genève

Il s'agira du premier geste humanitaire du régime depuis le premier round de négociations entre régime et opposition sous l'égide de l'ONU qui s'est tenu à Genève fin janvier.

Lors de ces pourparlers, le médiateur international Lakhdar Brahimi avait annoncé avoir obtenu du régime la promesse de laisser sortir les civils assiégés, mais les belligérants s'étaient ensuite accusés de bloquer ce processus.

Le siège de l'armée avait rendu les conditions de vie effroyables dans le Vieux Homs. Aux bombardements quasi-quotidiens s'ajoutent la pénurie de nourriture et de matériel médical.

Le régime a confirmé sa participation au deuxième round des négociations initiées sous la pression de son allié, la Russie, et des Etats-Unis, soutien de l'opposition, dans l'espoir d'une solution politique au conflit qui ravage le pays depuis près de trois ans.

"Il a été décidé que la délégation syrienne participera au 2e round des négociations à Genève" lundi, a déclaré Le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Moqdad.

M. Moqdad était l'un des membres de la délégation du régime au 1er round des discussions qui n'avaient abouti à aucun résultat.

Et les prochaines s'annoncent aussi difficiles tant les positions des protagonistes sont éloignées.

Le responsable syrien a d'emblée répété que le régime, qui assimile les rebelles à des "terroristes" et exclut toute discussion sur un départ de M. Assad, insiste pour parler en premier de la question du "terrorisme", alors que pour l'opposition, le dossier central est la transition dans le pays excluant M. Assad.

Violences sans répit

L'opposition a déjà confirmé sa présence à la prochaine session, qui doit se tenir alors que le conflit, qui a fait déjà plus de 136.000 morts, s'apprête à entrer dans sa 4e année et ne montre aucun signe de répit.

Jeudi, les rebelles ont lancé un assaut contre la prison centrale d'Alep (nord), la deuxième du pays, contrôlant de larges partie de l'établissement, avant que les forces gouvernementales ne reprennent le dessus vendredi après des combats acharnés, selon une ONG.

Une confusion régnait sur le sort des prisonniers: l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait rapporté que des centaines de détenus avaient pu être libérés mais, avec la reprise de la prison par le régime, il n'était pas certain qu'ils aient pu s'échapper.

Ailleurs à Alep, le régime poursuivait ses raids aux barils d'explosifs qui ont tué plus de 250 personnes en 5 jours.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné jeudi ces pratiques, qui ont un "effet dévastateur sur les zones habitées" et sont contraires aux lois humanitaires internationales.

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