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Syrie : l'évacuation des civils commence à Homs

07/02/2014 07:48 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Une trêve de trois jours a été conclue à Homs pour permettre le bon déroulement des opérations humanitaires dans la ville, assiégée depuis plus d'un an par les forces du président syrien Bachar Al-Assad, a annoncé vendredi la Russie, alors que, selon la télévision d'État syrienne, l'évacuation des civils de la vieille ville a débuté.

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, l'ambassade de Russie à Damas a joué « un rôle actif » dans la conclusion de cet accord de cessez-le-feu lors de négociations entre le gouverneur de Homs et le coordinateur humanitaire de l'ONU en Syrie.

Moscou ne précise pas si les rebelles syriens sont partie prenante de cet accord.

Selon la télévision d'État syrienne, un premier groupe de civils a quitté la vieille ville à la mi-journée, au lendemain d'un accord conclu à ce sujet entre les autorités syriennes et les Nations unies.

Le gouverneur de Homs, Talal Al-Barazi, a estimé à 200 le nombre d'habitants qui pourraient être évacués vendredi. Il s'agit uniquement d'enfants de moins de 15 ans, de femmes et d'hommes âgés de plus de 55 ans.

S'exprimant à la télévision d'État, Talal Al-Barazi a déclaré que l'atmosphère était « positive » avant l'opération d'évacuation.

Centres d'accueil

L'ONU s'est félicitée jeudi de cet accord, premier résultat concret des pourparlers de Genève II entamés le mois dernier, et s'est dite prête à acheminer de l'aide humanitaire dans Homs « dès que toutes les parties auront donné leur feu vert pour un passage en toute sécurité », a souligné l'un de ses porte-parole, Farhan Haq.

Talal Al-Barazi a indiqué que des centres d'accueil avaient été ouverts pour accueillir et traiter les habitants de la vieille ville, mais les personnes évacuées seront, selon lui, libres d'aller où elles le souhaitent.

« Nous sommes prêts aujourd'hui à recevoir un nombre de personnes illimité, même s'il est supérieur à 400. Mais selon les déclarations des Nations unies jeudi, 200 personnes sont attendues, ça pourrait être moins », a-t-il dit.

« Nous espérons que cette première étape aboutira et se poursuivra demain et après-demain et ainsi de suite, pour assurer la sécurité de tous les civils qui souhaitent quitter la vieille ville. »

Une aide humanitaire et une trêve à Homs avaient fait l'objet de négociations entre le régime syrien et l'opposition pendant les pourparlers de Genève II, qui se sont achevé fin janvier.

Le gouvernement syrien participera à la suite de Genève 2

La deuxième session de pourparlers s'ouvrira lundi sur les bords du lac Léman. Le gouvernement de Bachar Al-Assad a décidé d'y participer, a annoncé vendredi le vice-ministre des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad, cité par les médias officiels.

« La participation de la délégation de la République arabe syrienne à la seconde session de discussions de la conférence de Genève lundi prochain a été décidée », a dit la télévision en citant Fayçal Mekdad.

L'agence officielle SANA rapporte également des propos du vice-ministre qui précise que la délégation gouvernementale discutera « article par article » la déclaration de Genève de 2012, qui sert de base aux pourparlers.

Cette déclaration prévoit notamment la mise en place par « consentement mutuel » d'une autorité transitoire dotée des pleins pouvoirs exécutifs à Damas, donc de facto le départ du pouvoir de Bachar Al-Assad.

La première session de pourparlers de la conférence de Genève II s'est achevée fin janvier sans avancée notable.

Lors de la deuxième session, qui s'ouvrira lundi, Damas entend centrer les débats sur la lutte contre le « terrorisme », et non sur la transition politique réclamée par l'opposition.

« Le rétablissement de la paix et de la stabilité en République arabe syrienne passe par la fin du terrorisme et de la violence, comme le stipule la déclaration de Genève », écrit SANA en citant Fayçal Mekdad.

« Il est indispensable que les deux parties syriennes s'entendent là-dessus pour préserver les vies des citoyens syriens et mettre fin aux massacres commis par les groupes terroristes et ceux qui les soutiennent, à la fois régionalement et internationalement », ajoute l'agence.

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