POLITIQUE

Harper présente une réforme de l'éducation au sein des Premières Nations

07/02/2014 06:43 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Le gouvernement fédéral a dévoilé un nouveau plan de réforme de l'éducation pour les Premières Nations qui, affirme-t-il, reconnaît leur contrôle sur leur système scolaire.

Cette réforme prévoit la mise en place de normes scolaires minimales semblables à celles en vigueur à l'extérieur des réserves. Le plan obligera par ailleurs les enseignants à être eux-mêmes correctement formés.

Mais les Premières Nations garderont majoritairement le contrôle de leur système d'éducation, a affirmé le premier ministre Stephen Harper, en comparant le nouveau système au fonctionnement des commissions scolaires.

«Nous parlons du genre de contrôle à l'échelle locale et d'une réponse à une culture et à une histoire locales que nous avons dans le domaine scolaire dans la plupart des communautés du pays», a dit M. Harper en annonçant la réforme dans une école secondaire du sud de l'Alberta, en compagnie du chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Shawn Atleo.

Ottawa fournira le financement pour l'éducation de base, qui comprendra l'apprentissage des langues et de la culture, pour un total de 1,25 milliard $ réparti sur trois ans à partir de 2016.

Une clause prévoit également une augmentation annuelle du financement de 4,5 pour cent.

Une autre somme de 500 millions $ sur sept ans sera consacrée aux infrastructures, et 160 millions $ sur quatre ans iront à la mise en oeuvre de la réforme.

«Il s'agit d'un événement historique et d'un grand jour pour le Canada, pour les Premières Nations et pour la prochaine génération, a déclaré M. Harper. Mais ces changements étaient attendus depuis longtemps.»

Au dire de l'APN, l'entente inaugure une nouvelle ère pour les enfants des Premières Nations.

«Aujourd'hui, il est question d'égalité, d'occasions et d'espoir pour les enfants des Premières Nations, les jeunes et les élèves, a déclaré Shawn Atleo. Aujourd'hui est un jour de victoire pour les leaders des Premières Nations et leurs citoyens qui se sont battus pendant des décennies, tout comme la toute première génération de survivants des pensionnats autochtones, pour réclamer que les Premières Nations contrôlent leur propre éducation.»

Les taux de diplomation chez les enfants des Premières Nations sont parmi les plus faibles au pays. Dans plusieurs communautés, seulement la moitié des élèves du secondaire parviennent à compléter leur formation de base.

Une partie des attentes découlant de l'accord est que les écoles des réserves décernent des diplômes largement reconnus aux élèves qui terminent leurs cours. Selon le gouvernement, cette exigence n'existe pas actuellement, et a fait en sorte que les jeunes des Premières Nations, incapables de prouver leur réussite scolaire, ne peuvent obtenir d'emplois ou accéder à des études supérieures.

Une manifestante a brièvement interrompu la cérémonie de vendredi. La femme non identifiée a dit représenter des membres de la Première Nation crie de Saddle Lake, en Alberta, et les signataires du Traité 6. Elle a crié qu'elle s'opposait à l'accord, affirmant que les Premières Nations n'avaient pas toutes été consultées.

Le grand chef Atleo s'est porté à la défense de la dame, disant reconnaître ses inquiétudes et respecter ce qu'elle disait.

Environ 300 personnes ont assisté à l'annonce.

Les discussions avec les Premières Nations à propos de l'accord ont été difficiles dès le départ. Des chefs et des membres de conseils de bande, se rappelant les mauvais souvenirs des pensionnats autochtones, se sont hérissés à l'idée de l'implication du gouvernement fédéral dans le domaine de l'éducation.

L'an dernier, M. Atleo a presque perdu son poste pour avoir étroitement collaboré avec le premier ministre dans ce dossier. Des chefs se sont opposés à l'approche d'Ottawa et ont réclamé que le grand chef démissionne.

Le grand chef de l'Ontario, Gord Peters, a fait preuve d'un optimisme prudent après l'annonce.

«Nous avons quelques détails vagues à propos du financement et de la prise de contrôle du système d'éducation par les Premières Nations», a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique. «Ce sont tous des mots agréables à entendre, mais je ne sais pas exactement ce qu'ils signifient.»

L'accord est le résultat de plusieurs années de démarches. Lors de son arrivée au pouvoir, le gouvernement Harper a laissé tomber une entente de financement pour les Premières Nations conclue par l'ex-premier ministre Paul Martin. M. Harper a plutôt concentré sa politique sur l'éducation des enfants des Premières Nations.

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