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Procès Magnotta : la Couronne interrogera des témoins en Europe

06/02/2014 04:16 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT
AP
In this courtroom sketch, accused killer Luka Rocco Magnotta appears in court Wednesday, Jan. 9, 2013 in Montreal. Magnotta is charged with first-degree murder in the slaying and dismemberment of Chinese engineering student Jun Lin. (AP Photo/The Canadian Press, Mike McLaughlin)

Le juge Guy Cournoyer, qui entend le procès pour meurtre de Luka Rocco Magnotta, autorise la Couronne à interroger des témoins qui se trouvent à l'étranger, notamment en France et en Allemagne. 

Luka Rocco Magnotta est accusé du meurtre prémédité de l'étudiant chinois Jun Lin, survenu en mai 2012 à Montréal. Son procès devrait débuter en septembre.

Tout de suite après la mort de Jun Lin, Magnotta a quitté le Canada pour se rendre en France puis en Allemagne, où il a été arrêté en juin 2012. La Couronne souhaite interroger plus d'une trentaine de témoins dans ces deux pays.

Sébastien Bergeron-Guyard, un avocat responsable des procès qui débordent les frontières au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales, a soutenu qu'il n'y a aucune assise légale pour contraindre un témoin de l'étranger à témoigner dans un procès au Canada.

L'avocat de Magnotta, Luc Leclair, a fait valoir que les frais de voyage de ces témoins devraient être assumés par le gouvernement fédéral.

M. Leclair a évalué les coûts pour rapatrier Magnotta au Canada à 450 000 $, et a ajouté que si les autorités ont épongé la facture à ce moment-là, elles peuvent le faire à nouveau pour permettre aux témoins européens d'assister au procès.

« Si M. Harper a été capable de payer 450 000 $, il peut payer pour permettre à 20 ou 35 témoins de venir au Canada », a-t-il déclaré.

De nombreux problèmes technologiques et juridictionnels rendent tout ce processus extrêmement complexe. M. Bergeron-Guyard a indiqué que les salles d'audience en France et en Allemagne ne sont pas dotées d'équipements audio et vidéo permettant d'enregistrer des témoignages.

Et il serait très improbable, a-t-il dit, que Magnotta puisse assister à ce volet du procès en personne. « Lorsque l'on permet à un suspect de quitter le Canada, nous ne sommes jamais certains de pouvoir le ramener au pays puisque nous n'avons plus de juridiction », a expliqué M. Bergeron-Guyard. « S'il sort du pays, il faut reprendre tout le processus d'extradition. »

Une autre option pourrait être de permettre à Magnotta de suivre les témoignages grâce à un lien vidéo à partir du centre de détention où il est incarcéré, a soutenu M. Bergeron-Guyard.

Le procès de Magnotta devant jury doit débuter le 8 septembre en Cour supérieure du Québec; il sera présidé par le juge Guy Cournoyer.

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