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L'UE veut mieux s'armer contre le trafic d'espèces sauvages, en plein boom

07/02/2014 09:23 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

L'UE a lancé vendredi un appel aux autorités et aux experts pour renforcer son arsenal contre le braconnage et le trafic des animaux sauvages, en plein essor dans le monde au risque de faire disparaître des espèces et de déstabiliser les pays d'origine.

Porté par un demande en hausse, émanant principalement d'Asie, "le trafic d'espèces sauvages est lucratif, et cela doit changer", a souligné dans un point de presse le commissaire à l'Environnement, Janez Potocnik.

"L'UE a toujours été un leader (dans la lutte) contre ce trafic, mais nous restons un marché majeur et un lieu de transit (...) nous devons trouver comment devenir plus efficace", a-t-il ajouté.

La Commission a entamé une consultation publique en prélude à une conférence qu'elle organisera le 10 avril pour "réviser son approche et combler les vides". Le faible degré de sensibilisation, le risque minime de poursuites et la faiblesse des sanctions sont notamment épinglés.

La Commission, a souligné M. Potocnik, veut avertir que "ce problème a des implications bien au-delà des questions d'environnement", au vu de l'implication croissante de la criminalité organisée dans ce "business de plusieurs milliards d'euros", susceptible de nourrir, voire de provoquer, des conflits armés, notamment en Afrique.

Menaçant également la biodiversité et la survie économique de communautés autochtones, ce commerce illégal a fait "un bond dramatique" en ce qui concerne notamment les éléphants et les rhinocéros, selon la Commission.

"Plus de 1.000 rhinocéros ont été victimes du braconnage en Afrique du Sud en 2013, contre 13 en 2007, et la corne de rhinocéros est désormais plus précieuse que l'or", se négociant au prix de 40.000 euros le kilo, a dit à titre d'exemple le commissaire.

Le nombre des éléphants africains tués par des braconniers, 22.000 en 2012, a de son côté doublé en dix ans. La mort de 78% des tigres de Sumatra est également imputée à ce trafic, les os de tigre, utilisés comme les cornes de rhinocéros dans la médecine asiatique traditionnelle, se négociant au prix de 900 euros le kilo.

Le sursaut européen intervient sur fond de regain d'inquiétude au sein de la communauté internationale quant à l'ampleur prise par le phénomène. A l'initiative britannique, un prochain rendez-vous sur la question est prévu pour les 12 et 13 février à Londres.

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