NOUVELLES

L'Irlande défend l'installation de géants internet comme Yahoo

07/02/2014 08:42 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Le premier ministre et le vice premier ministre irlandais ont estimé vendredi que l'attrait exercé par le pays sur les géants de l'internet avait de bonnes raisons économiques, et que l'Irlande n'était pas "un paradis fiscal", dans une réponse indirecte à François Hollande.

"Nous n'avons rien à voir avec la définition d'un paradis fiscal", a assuré le premier ministre, Enda Kenny, lors d'un débat au siège de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) à Paris.

Le président français, François Hollande, avait estimé jeudi que l'optimisation fiscale pratiquée par les géants de l'internet n'était "pas acceptable".

"Chacun doit être dans les mêmes situations de concurrence, y compris sur le plan fiscal", avait dit le chef de l'Etat, ajoutant que "par rapport à ces grands groupes que l'on connaît, qui se mettent dans des pays à faible taux d'imposition des sociétés, nous devons agir".

Interrogé sur la récente décision du groupe américain Yahoo de regrouper en Irlande les services et les données personnelles de ses utilisateurs en Europe, Afrique et Moyen-orient, le vice premier ministre, Eamon Gilmore, a estimé que ce n'était "pas surprenant".

M. Kenny a, lui, évoqué la volonté de Yahoo de rejoindre "tous les grands groupes d'internet déjà installés en Irlande."

"L'Irlande est devenue en quelque sorte une capitale de l'internet", a dit M. Gilmore.

M. Kenny a aussi vanté "l'environnement réglementaire" en Irlande pour le secteur numérique, "dont n'importe quel pays européen pourrait s'inspirer".

En ce qui concerne la fiscalité, le premier ministre a été très ferme, rappelant que ce domaine "relevait de la compétence nationale". "Nous avons toujours été très clairs là-dessus", a-t-il dit.

L'Irlande pratique un taux très bas d'imposition des sociétés, 12,5%, et a toujours farouchement refusé d'y toucher, même en contrepartie de l'aide internationale reçue suite à la crise de la dette.

Au-delà de ce taux très bas, des questions sont posées sur le rôle joué par l'Irlande dans les stratégies de certaines multinationales pour payer moins d'impôt en faisant voyager leurs revenus d'un pays à l'autre.

Récemment en France, le site lepoint.fr a fait état d'un redressement fiscal d'1 milliard d'euros du géant Google, dont le système d'optimisation fiscale passerait par une filiale irlandaise.

M. Gilmore a assuré que Dublin "coopérait totalement" avec l'OCDE dans son travail sur l'optimisation fiscale, visant à développer des règles communes pour encadrer ces pratiques qui très souvent ne sont pas illégales à proprement parler.

"Il faut trouver un solution internationale à ce problème international", selon M. Kenny.

aue/cb/phc

PLUS:hp