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Le Vatican réplique à un rapport cinglant sur les abus commis par des prêtres

07/02/2014 07:10 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

VATICAN, État de la Cité du Vatican - Le Vatican a répliqué vendredi à un rapport cinglant sur les agressions sexuelles commises par des prêtres, publié mercredi par le Comité des droits de l'enfant des Nations unies.

Le Saint-Siège accuse le comité de s'éloigner de son mandat et de discréditer l'ONU dans son ensemble en adoptant les positions «biaisées» de groupes militants anticatholiques.

Le Vatican estime que le comité a ignoré à la fois le statut unique du Saint-Siège et ses efforts pour résoudre la crise des agressions sexuelles au cours des dernières années, rappelant qu'il a remis cette information au comité par écrit et en personne. Il a ensuite vertement dénoncé la publicité «absolument anormale» que le comité a donné à son rapport et promis une réponse complète à une date ultérieure.

Le comité basé à Genève a accusé le Vatican de placer systématiquement ses propres intérêts avant ceux des victimes en permettant à des prêtres d'agresser des dizaines de milliers d'enfants grâce à ses politiques et sa loi du silence.

Il recommande au Vatican de retirer immédiatement tout prêtre ayant ou ayant possiblement agressé un enfant, d'ouvrir les archives qu'il contient au sujet des agresseurs et les évêques qui les protègent, et de remettre les cas d'agressions entre les mains des forces de l'ordre.

Le Vatican a été complètement pris de court par la sévérité du rapport et, après avoir été lent à réagir, a publié une série de réponses de plus en plus critiques et articulées qui ont culminé avec le long énoncé du porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, sur les ondes de Radio Vatican.

Le père Lombardi a spécifiquement accusé le comité d'avoir accordé plus de crédibilité aux positions d'organismes bien connus «qui entretiennent des préjugés contre l'Église catholique et le Saint-Siège» qu'au Vatican lui-même. En faisant fi des explications et des données du Vatican, a-t-il ajouté, on en vient à croire que le rapport avait été écrit avant le témoignage d'une journée du Vatican, le mois dernier.

Le rapport a été rédigé par un comité de 18 membres qui surveille le respect de la Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant, qui impose notamment aux signataires de protéger les enfants de tout sévice et de s'assurer que leurs droits fondamentaux à l'éducation et à la santé sont garantis.

Les portions du rapport qui ont le plus irrité le Saint-Siège sont celles qui concernent l'accès des filles aux soins de santé reproductive et la nécessité de protéger les enfants gais et les enfants vivant dans un ménage gai contre la discrimination. Ces portions sont au coeur de la convention, mais elles touchent aussi des enseignements doctrinaires de l'Église catholique.

La réaction défensive du Vatican était amplement prévisible.

Le père Lombardi a déclaré, vendredi, qu'en s'aventurant sur un tel terrain, le comité «semble avoir débordé de ses compétences et interféré avec la position morale et doctrinaire de l'Église catholique».

Il a ajouté que même s'il serait incorrect de condamner toute l'ONU pour les «graves problèmes» du comité, l'organisation elle-même «doit porter les conséquences négatives des gestes d'un de ses comités, au-delà de ses compétences».

Il a répété que le Saint-Siège demeure dévoué à travailler pour le bien-être des enfants dans le cadre du traité onusien.

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