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JO-2014 - Ski alpin: Gonçalves Goutt, le défricheur timorais du "patin à neige"

07/02/2014 05:00 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

La référence du "patin à neige" timorais, c'est lui: Yohan Goutt Goncalves va faire découvrir les jeux Olympiques d'hiver au Timor oriental, le pays de sa mère où le concept même de ski alpin n'existe pas.

Pour vivre son rêve olympique en participant le 22 février au slalom des JO-2014, Goutt Goncalves, 19 ans, a dû relever un certain nombre de défis. Le premier fut d'expliquer aux autorités du Timor, dont le président Taur Matan Ruakqui l'a reçu, ce qu'était le ski.

"C'est difficile, car le mot n'existe pas en tétoum", la langue officielle de ce pays d'un peu plus d'un million d'habitants dans l'archipel indonésien, explique l'étudiant en administration et échanges internationaux à l'université de Paris-Est Créteil.

"J'ai essayé du mieux possible, on parle là-bas de +patins à neige+. J'ai reçu beaucoup de messages de soutien sur Facebook, dont certains m'ont fait pleurer. Ils me disaient qu'ils n'étaient pas bien sûrs de ce que je faisais, mais que c'était formidable pour le Timor", poursuit-il.

Goutt Concalves est pour l'instant le seul membre de la Fédération timorienne de ski dont le siège à Tilli, la capitale, a pour adresse celle de son oncle, qui en est aussi le président.

"C'est une organisation familiale, sourit-il. La personne la plus importante est ma mère qui est la trésorière et qui s'occupe de tout".

Sa mère a fui le Timor dans les années 1970 alors que cette ancienne colonie portugaise, annexée par l'Indonésie, était en proie à une violente et sanglante répression.

A l'âge de douze ans, elle a trouvé refuge en Australie avec ses trois soeurs aînées, laissant une partie de sa famille au pays.

Avec son frère cadet en 2018 ?

"Je sais ce qu'il s'est passé au Timor. Je pense que le sport peut aider à donner une image positive. Quand on fait sur internet une recherche sur le Timor oriental, on ne parle que de la guerre, on va peut-être associer maintenant le pays à un skieur", espère Goutt Goncalves, de père français rencontré par sa mère lors d'un voyage à Paris.

Le Franco-Timorais a débuté le ski à l'âge de deux ans dans les Alpes françaises. Alors qu'il a huit ans, un ami de la famille note qu'il a de belles aptitudes et qu'il pourrait représenter un jour le Timor aux JO.

Une boutade que l'adolescent prend très au sérieux: "J'ai commencé à m'entraîner vraiment toutes les vacances, j'ai commencé les courses les week-end à l'âge de 12 ans. Le ski est devenu beaucoup plus intensif, et depuis juin 2013 j'ai le droit de skier dans des courses internationales pour le Timor".

Cette passion a un coût: il lui a fallu, seul, trouver les 70.000 euros nécessaires pour une saison.

Son objectif à Sotchi est modeste: "être classé dans les 40 premiers".

Il pense déjà à la prochaine échéance olympique en 2018 à Pyeongchang (Corée du Sud) où le Timor oriental pourrait avoir un second représentant, son frère cadet âgé de 16 ans.

D'ici là, il veut aider la jeunesse timoraise: "Je veux fonder un centre sportif et j'espère que Sotchi pourrait m'aider à trouver des sponsors. Le pays est tout nouveau, j'espère que Sotchi fera avancer le Timor au niveau sportif".

psr/jr/el

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