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JO-2014 - La Russie a ouvert les "Jeux de Poutine" avec un grand show

07/02/2014 03:25 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

La Russie a organisé vendredi une grandiose cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques à Sotchi, parmi les plus controversés de l'histoire, dont le président Vladimir Poutine entend faire une vitrine pour le pays.

Au même moment, le détournement d'un avion effectuant la liaison entre Kharkiv (Ukraine) et Istanbul en Turquie a relancé les interrogations sur la sécurité aux Jeux olympiques.

Les médias turcs ont affirmé dans un premier temps que le pirate de l'air, de nationalité ukrainienne, avait menacé de faire exploser un engin explosif si l'appareil ne prenait pas la direction de Sotchi, en Russie.

L'homme a été interpellé par les forces spéciales turques après l'atterrissage de l'appareil à Istanbul, à un peu moins de deux heures de vol de Sotchi. Il s'est avéré ensuite qu'il était ivre et qu'il ne portait ni arme, ni bombe, selon l'agence ukrainienne Interfax.

Un grand show avec 3000 artistes

Cet incident n'a eu aucune influence sur la cérémonie d'ouverture à Sotchi, devant 40.000 spectateurs dans le stade olympique Fisht au bord de la Mer Noire, où le président Vladimir Poutine a donné le coup d'envoi officiel des Jeux.

"Je déclare ouverts les XXIIes jeux Olympiques d'hiver à Sotchi", a lancé M. Poutine, grand ordonnateur des Jeux organisés pour la première fois en Russie jusqu'au 23 février, depuis la tribune officielle où se trouvaient plus de 40 dignitaires étrangers.

Ce grand show a réuni environ 3000 artistes qui ont livré un spectacle de deux heures et demi avec des stars du ballet, des chefs d'orchestre et solistes parmi les acteurs retraçant des siècles d'histoire de la Russie, de la période médiévale au XXe siècle en passant par l'Empire, mais sans s'étendre trop sur l'ère soviétique.

A la fin de la cérémonie, l'ancien hockeyeur russe Vladislav Tretyak et l'ex-championne de patinage artistique Irina Rodnina ont allumé la vasque olympique qui brûlera jusqu'au dernier jour des Jeux. La flamme a déclenché un gigantesque feu d'artifice dans le ciel de Sotchi.

Parmi les hôtes les plus en vue figuraient le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le président chinois Xi Jinping, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le chef de l'Etat ukrainien Viktor Ianoukovitch, qui a fait le déplacement en dépit d'une grave crise politique dans son pays.

La venue de hauts dirigeants s'est accompagnée en marge des Jeux d'un ballet diplomatique et des rencontres bilatérales que la Russie compte mettre à profit pour renforcer les liens avec d'importants alliés. Vladimir Poutine s'est ainsi entretenu avec le président chinois et M. Ianoukovitch.

"Une société pacifique et sans discrimination"

Le président américain Barack Obama et plusieurs dirigeants européens parmi lesquels les présidents français et allemand, François Hollande et Joachim Gauck, ne sont en revanche pas venus à Sotchi. Des absences interprétées par certains comme une volonté de marquer leur désapprobation envers la Russie après l'adoption en juin dernier d'une loi réprimant la "propagande" homosexuelle devant mineurs, stigmatisant les gays.

Barack Obama a expliqué jeudi qu'il avait nommé des athlètes homosexuels comme membres de la délégation américaine assistant à la cérémonie pour montrer que les Etats-Unis refusaient de "se plier à la discrimination".

Dans son discours lors de la cérémonie d'ouverture, Thomas Bach, le président allemand du CIO, a prié les dirigeants du monde entier de soutenir leurs athlètes, leurs "meilleurs ambassadeurs", et de respecter "ce festival du sport qui rassemble la diversité humaine en une belle unité". "Ayez le courage de régler vos désaccords par un dialogue politique direct et pacifique et non pas sur le dos des athlètes", a-t-il lancé.

Si pour lui, les jeux Olympiques ne doivent pas servir de tribune politique, ils peuvent cependant "envoyer le message au monde et aux dirigeants qu'une société pacifique et sans discrimination peut fonctionner".

Ce qui inclut évidemment la Russie de Vladimir Poutine, avec sa loi interdisant "la propagande" homosexuelle devant mineurs.

La sécurité, un "énorme enjeu"

La Russie est sous pression pour organiser ces Jeux les plus chers de l'histoire (50 milliards de dollars, 37 milliards d'euros), placés au rang de priorité stratégique par le président Poutine.

Le plus grand événement international en Russie depuis la chute de l'URSS en 1991 débute sur fond d'inquiétudes sur la sécurité, sur une controverse liée à la loi russe "anti-gay" et des soupçons de corruption.

Les préoccupations sur la sécurité ont aussi été relancées fin décembre par deux attentats suicide meurtriers à Volgograd (700 km de Sotchi) et les menaces d'attaques lancées en janvier par des militants du Caucase du Nord, région à quelques centaines de km de Sotchi, où sont situées des petites republiques instables, en proie à une rébellion islamiste.

Quelques 100.000 policiers, militaires et agents spéciaux sont mobilisés à Sotchi pour la sécurité des Jeux, ainsi que des bateaux de guerre et des missiles de défense antiaérienne.

"Les Russes font face à un énorme enjeu qui est de prévenir toute sorte d'acte terroriste ou de violence sur les lieux (des JO). Ils ont investi beaucoup de ressources à cet effet", avait déclaré jeudi le président américain Barack Obama dans une interview à la chaîne NBC.

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