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JO-2014 - Avec Thomas Bach, le CIO ne se prive pas de parler haut et fort

07/02/2014 09:49 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Rappel des droits des homosexuels aux autorités russes d'un côté, piques décochées aux dirigeants étrangers qui boudent Sotchi de l'autre, Thomas Bach a réussi à redonner de la voix au CIO pour les premiers JO sous sa présidence.

L'avocat d'affaires allemand, qui a succédé en septembre au Belge Jacques Rogge, n'a pas mis longtemps pour rompre avec le style très diplomatique de son prédécesseur.

A quelques heures de la cérémonie d'ouverture vendredi, le patron du CIO a reproché implicitement aux dirigeants de certains pays de chercher à se servir des Jeux pour "faire des déclarations politiques sur le dos des sportifs à travers le fait de venir ou non".

Comme il l'avait fait quelques jours plus tôt, quand il avait pointé combien ces dirigeants savaient pertinemment ce qu'ils faisaient "en ciblant les Jeux pour faire un geste ostentatoire qui semble ne coûter rien mais donne lieu aux Unes internationales".

"Dans les cas extrêmes, nous avons vu quelques hommes politiques dont la contribution à la lutte pour une bonne cause consiste à publiquement décliner des invitations qu'ils n'ont même pas reçues", avait lancé l'ancien escrimeur.

Car le CIO se garde bien d'inviter les grands de ce monde aux jeux Olympiques. Ce sont eux qui ont pris l'habitude de s'inviter aux Jeux, depuis que ceux-ci se sont imposés comme le grand rendez-vous sportif planétaire.

Plusieurs chefs d'Etat occidentaux, à commencer par le président américain Barack Obama, ont fait savoir qu'il n'étaient pas question de se rendre en Russie durant la quinzaine olympique.

Même le président allemand Joachim Gauck a fait valoir que ce n'était pas dans la tradition de son pays, dont est issu pourtant le nouveau patron du CIO.

Lors de la cérémonie d'ouverture, Thomas Bach a prié les dirigeants du monde entier de soutenir leurs athlètes, leurs "meilleurs ambassadeurs", et de respecter "ce festival du sport qui rassemble la diversité humaine en une belle unité": "Ayez le courage de régler vos désaccords par un dialogue politique direct et pacifique et non pas sur le dos des athlètes".

Si pour lui, les jeux Olympiques ne doivent pas servir de tribune politique, ils peuvent cependant "envoyer le message au monde et aux dirigeants qu'une société pacifique et sans discrimination peut fonctionner".

Ce qui inclut évidemment en tout premier lieu la Russie de Vladimir Poutine, avec sa loi interdisant "la propagande" homosexuelle devant mineurs.

Une seule phrase pour Poutine

Thomas Bach, qui n'a cessé de répéter ces dernières semaines avoir eu l'assurance du président russe que tout le monde serait le bienvenu aux Jeux, sans parvenir à calmer les associations militantes pour les droits des homosexuels, a réussi un bon coup en invitant le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon à l'assemblée générale du CIO à Sotchi.

Ce dernier a profité de cette tribune pour appeler tout le monde à "élever (sa) voix contre les attaques visant les lesbiennes, les gays, les bissexuels, les transgenres ou les intersexes" et à "s'opposer aux arrestations, emprisonnements et restrictions discriminatoires".

Alors que certains craignent de voir des Jeux tout à la gloire de Vladimir Poutine, Thomas Bach est convaincu que le président russe restera dans les règles olympiques, et ce dès la cérémonie d'ouverture.

"La charte olympique est très claire: il ne peut dire qu'une phrase. Et il le fera comme tous les autres l'ont fait, à l'exception d'un seul, qui a violé à l'époque la charte olympique", a fait valoir Thomas Bach.

Les médias américains qui guettent le moindre petit raté dans la démonstration russe ont ainsi été ravis d'apprendre que ce contrevenant aux bonnes moeurs olympiques n'était autre que leur ancien président George W. Bush qui avait ouvert les Jeux de Salt Lake City en 2002, dans une Amérique traumatisée par les attentats du 11 septembre 2001.

stp/ep

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