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Homs, "capitale de la révolution syrienne" écrasée par un long siège

07/02/2014 09:26 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

La ville syrienne de Homs, surnommée "capitale de la révolution", a payé au prix fort son soulèvement contre Bachar al-Assad, avec des quartiers rebelles asphyxiés depuis la mi-2012 par un siège qui a plongé près de 3.000 personnes dans la famine.

Des organisations de défense des droits de l'Homme et des militants ont dénoncé à plusieurs reprises la terrible situation humanitaire dans ces quartiers, où les habitants se nourrissent d'olives et d'herbes et manquent de médicaments.

Haut lieu de la contestation du régime depuis la mi-mars 2011, Homs a été la cible de nombreuses opérations de l'armée qui se sont intensifiées à partir de septembre 2011, avant plusieurs semaines de pilonnage dévastateur en février 2012.

Et à partir de juin 2012, l'armée a imposé un siège étouffant, reproduisant une tactique utilisée dans d'autres villes de Syrie pour tenter de faire plier les rebelles et la population qui les soutient.

La puissante armée de l'air bombarde également au quotidien les secteurs rebelles, en particulier la vieille ville, ce qui a permis à l'armée de reprendre plusieurs secteurs en 2013.

Une dizaine de quartiers d'"irréductibles" restent assiégés par les troupes loyalistes: c'est de là que vendredi, les premiers civils ont été évacués en vertu d'un accord entre belligérants sous l'égide de l'ONU, pour la première fois depuis plus d'un an et demi.

Parmi les civils bloqués dans ces quartiers figurent 1.200 femmes, enfants et hommes âgés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La province de Homs est la plus grande et la plus stratégique du pays. Frontalière du Liban, de la Jordanie et de l'Irak, située non loin de Damas, elle relie le nord et le sud de la Syrie.

Les combats ont également coûté la vie à la journaliste américaine Marie Colvin et au photographe français Rémy Ochlik, tués le 22 février dans le bombardement d'un centre de presse improvisé à Baba Amr, un quartier symbole de la contestation.

Dans cette ville divisée en quartiers sunnites, alaouites, chrétiens et mixtes quasiment étanches se concentrent les tensions confessionnelles du pays. Les sunnites se considèrent comme les vrais habitants de Homs et n'ont pas apprécié l'arrivée massive d'alaouites, une branche du chiisme dont est issu le clan Assad, à partir de la fin des années 1960.

Troisième ville de Syrie, Homs est également le poumon industriel du pays, avec des raffineries de pétrole et des champs gaziers à l'ouest et à l'est de la ville, ainsi qu'un important carrefour routier.

bur-ram/fcc

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