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Eté 14: les grands acteurs de la crise

07/02/2014 02:49 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Voici quelques-uns des principaux acteurs de la crise qui, de l'attentat à Sarejevo le 28 juin à l'invasion de la Belgique par l'Allemagne le 3 août, plongea l'Europe dans la guerre:

- Gavrilo Princip (1894-1918): étudiant nationaliste serbe de Bosnie-Herzégovine, alors sous domination austro-hongroise, il tue à coups de revolver le 28 juin 1914 à Sarajevo l'héritier de l'empire, l'archiduc François-Ferdinand de Habsbourg, et son épouse Sophie. Cet attentat déclenche l'engrenage diplomatico-militaire qui aboutit à la Première guerre mondiale. Mort de tuberculose en avril 1918 en prison, il est considéré comme un héros dans la Yougoslavie royale, celle de Tito, et dans la Serbie d'aujourd'hui.

- François-Ferdinand de Habsbourg (1863-1914): héritier de l'empereur François-Joseph, cet archiduc d'Autriche, slavophile et favorable au fédéralisme pour remplacer le dualisme austro-hongrois, est assassiné avec sa femme Sophie à Sarajevo le 28 juin 1914 par l'étudiant nationaliste serbe bosniaque Gavrilo Princip. Par le jeu des rivalités et des alliances entre les grandes puissances, son assassinat aboutira à la Première guerre mondiale.

- François-Joseph (1830-1916): empereur d'Autriche et roi de Hongrie. Ce Habsbourg, veuf de la célèbre Sissi, est en 1914 le doyen des souverains européens. Monté sur le trône d'Autriche après la révolution de 1848, il règne en monarque absolu avant d'être contraint à une politique plus libérale. C'est lui qui déclenche la crise militaire qui va précipiter le conflit mondial en déclarant la guerre à la Serbie le 28 juillet 1914, un mois après l'assassinat de son neveu et héritier François-Ferdinand à Sarajevo. Il meurt pendant la guerre, en novembre 1916.

- Guillaume II (1859-1941): dernier roi de Prusse et empereur d'Allemagne. Petit-fils par sa mère de la reine Victoria, il monte sur le trône en 1888 et renvoie Bismarck. S'appuyant sur le camp conservateur, le kaiser mène une politique expansionniste et colonialiste. Bien que cousin de Nicolas II, Il rompt l'alliance traditionnelle avec la Russie pour se rapprocher de l'Autriche et de l'Italie. Après avoir encouragé l'intransigeance autrichienne, et sous la pression de son état-major, il transforme la crise austro-serbe en conflit mondial en déclarant la guerre à la Russie le 1er août, puis à la France le 3, et en déclenchant l'invasion de la Belgique le même jour. Il est contraint d'abdiquer le 9 novembre 1918 et de s'exiler aux Pays-Bas.

- Nicolas II (1868-1918): dernier tsar de Russie. Successeur d'Alexandre III, il monte sur le trône en 1894 et confirme l'alliance franco-russe. Il engage en 1904-1905 son pays dans la désastreuse guerre russo-japonaise qui entraîne la première révolution russe. Sa décision de décréter une mobilisation générale contre l'Autriche le 30 juillet va pousser l'Allemagne à entrer en guerre. Nicolas II est contraint d'abdiquer lors de la "révolution de février" en 1917, et est assassiné avec femme et enfants par les bolcheviks le 17 juillet 1918.

- Raymond Poincaré (1860-1934) : président du Conseil français en 1912 et 1913, puis de la République jusqu'en 1920. Il prône depuis longtemps une politique de fermeté à l'égard de l'Allemagne. Bien qu'il ait été très en retrait durant la crise de l'été 1914, ses adversaires l'affubleront du sobriquet "Poincaré-la-guerre". Attaché à la fois à la laïcité (valeur de gauche) et au patriotisme (de droite), ce Lorrain froid et souvent présenté comme sans imagination appelle dès août 1914 à "l'union sacrée" de tous les Français. La formule rencontrera un vif succès. Après 1920, il jouira d'un grand prestige.

- Herbert Asquith (1852-1928) : Premier ministre britannique de 1908 à 1916, ce libéral aux convictions pacifistes tente une médiation infructueuse lorsque la crise s'emballe fin juillet, ce qui incitera Berlin à estimer que Londres va rester à l'écart du conflit. Il est néanmoins convaincu qu'il faut empêcher l'Allemagne - qui a notamment défié la suprématie navale de la Grande-Bretagne -- de dominer l'Europe continentale. L'invasion de la Belgique neutre par les Allemands lève les dernières hésitations de Londres, qui se range aux côtés de ses alliés en déclarant la guerre à l'Allemagne le 4 août.

- Albert Ier (1875-1934): roi des Belges. Sur le trône depuis 1909, il prend une part active, aux côtés des Alliés, dans la Première guerre mondiale sur le plan militaire comme sur le plan diplomatique, ce qui lui vaut le surnom de "Roi chevalier". Passionné d'alpinisme, il meurt en 1934 dans un accident d'escalade.

- Pierre Ier de Serbie (1844-1921): ancien élève de Saint-Cyr, ce Serbe francophile s'engage dans la Légion étrangère en 1870 sous le nom de Pierre Kara. Monté sur le trône de Serbie en 1903, le libéral Pierre Ier, malade, désigne en juin 1914 son fils Alexandre comme prince régent, lui laissant le soin de mener les opérations militaires pendant la guerre.

- Enver Pacha (1881-1922): un des chefs de la révolution Jeunes Turcs, il devient membre de la famille impériale et engage l'empire ottoman dans le camp des puissances centrales. Ministre de la guerre et chef d'Etat-major, il donne en avril 1915 le feu vert à la déportation de masse des Arméniens ottomans, qui fera un million de morts. Peu après la victoire des Alliés, il démissionne et s'enfuit pour l'Allemagne. Il est condamné à mort par contumace.

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