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Contrat avec Boeing: Héroux-Devtek n'a pas décidé où se fera le travail

07/02/2014 07:56 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Héroux-Devtek regroupera dans une seule usine les activités découlant de son contrat avec Boeing pour les trains d'atterrissage des 777 et 777X, mais l'entreprise québécoise refuse dévoiler l'endroit où se fera le travail.

Le président et chef de la direction du fabricant de produits aéronautiques, Gilles Labbé, a même laissé entendre qu'Héroux-Devtek pourrait retourner au Mexique, après avoir quitté ce pays en 2012 à la suite de la vente de sa division aérostructure.

«Nous terminons notre réflexion», a-t-il indiqué, vendredi, en marge du dévoilement des résultats du troisième trimestre de l'entreprise, qui possède également des installations à Longueuil et aux États-Unis.

«Nous sommes encore en train de discuter avec les représentants de différents gouvernements, s'est contenté d'ajouter M. Labbé. La décision sera prise au cours des prochains mois.»

En vertu du contrat, Héroux-Devtek (TSX:HRX) sera l'unique fournisseur des trains d'atterrissage des 777 et 777X de Boeing en plus d'être responsable de la fabrication de pièces de rechange vendues par l'avionneur américain.

Les premières livraisons devraient avoir lieu en 2017. Ce contrat, selon certains analystes, pourrait générer annuellement jusqu'à 80 millions $ de revenus supplémentaires par année pour Héroux-Devtek.

M. Labbé a cependant laissé entendre qu'il n'était pas question que cette charge de travail soit réalisée chez la britannique APPH, acquise plus tôt cette semaine par Héroux-Devtek au coût de 128 millions $.

«Ce n'est pas le plan, a dit M. Labbé. Cependant, APPH pourrait nous donner un coup de main sur d'autres produits que nous faisons ici, en Amérique du Nord. Ils ont une longue histoire dans la fabrication de trains d'atterrissage.»

Quant aux résultats du troisième trimestre, terminé le 31 décembre, le bénéfice net de l'entreprise québécoise a fléchi de 18 pour cent pour s'établir à 2,6 million $, ou 8 cents l'action.

Au trimestre correspondant de 2013, Héroux-Devtek avait affiché un bénéfice net de 3,2 millions $, ou 10 cents l'action.

Cette performance rate de peu la cible des analystes sondés par Thomson Reuters, qui s'attendaient à un bénéfice net de 9 cents l'action.

Les revenus de l'entreprise établie à Longueuil ont également fléchi pour passer de 61,7 millions $ à 61,4 millions $ au troisième trimestre de 2014.

Les ventes du secteur de l'aéronautique ont progressé de 3,2 pour cent, à 28,5 millions $, notamment grâce à l'obtention d'un nouveau mandat auprès de Boeing pour le programme du 777, ce qui a contrebalancé une baisse du volume des ventes sur le marché des jets régionaux.

Un recul de 3,4 pour cent a été observé dans le secteur militaire, où les ventes ont été de 33 millions $ au troisième trimestre. Cette situation s'explique par un ralentissement des activités de réparation et d'entretien et d'une diminution de la demande pour les pièces de rechange.

Selon M. Labbé, l'acquisition d'APPH devrait permettre à son entreprise d'être moins dépendante du secteur militaire américain au cours des prochains mois.

«Cela va nous procurer une plus grande diversification, a expliqué le président et chef de la direction d'Héroux-Devtek. APPH n'a pas une grande exposition au marché militaire américain. C'est bon pour nous.»

APPH est un fournisseur intégré de trains d'atterrissage ainsi que de systèmes et assemblages hydrauliques destinés aux fabricants d'équipement d'origine et au marché des pièces de rechange.

La société a également indiqué que ses revenus pour l'exercice 2014, en excluant les coûts d'une récente acquisition, seront plus faibles que ceux de l'année précédente, mais que sa rentabilité serait meilleure.

«Héroux-Devtek a amélioré sa rentabilité opérationnelle au troisième trimestre grâce à une composition des ventes plus avantageuse par rapport à l’exercice précédent», a souligné M. Labbé.

En date du 31 décembre dernier, le carnet de commandes fermes de la société s'élevait à 368 millions $, comparativement à 361 millions $ au début de l'exercice.

En janvier dernier, Héroux-Devtek avait annoncé le licenciement de 55 employés à ses installations de Longueuil en raison notamment du recul de la demande dans le secteur militaire américain.

Les départs devraient débuter en avril et se poursuivre pendant 12 mois. À la fin du processus, seulement 15 employés travailleront à cette usine située au 710, rue Thurber, à Longueuil.

L'action de Héroux-Devtek a cédé vendredi 12 cents pour clôturer à 11,79 $ à la Bourse de Toronto.

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