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Centrafrique: le Premier ministre veut "traquer" les auteurs d'un lynchage

07/02/2014 01:44 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre centrafricain de transition André Nzapayéké a demandé vendredi à ce que soient "traqués" et "traînés devant la justice" les soldats centrafricains auteurs d'un lynchage en public mercredi à Bangui.

"MM. les ministres, traquez-les et traînez-les devant la justice. Ils sont sur internet, ils paradaient devant les caméras dans un spectacle macabre et à visage découvert. Ils sont donc identifiables", a déclaré le Premier ministre en conférence de presse.

"Mme la ministre de la Justice, MM. les ministres de la Sécurité et de la Défense ont reçu pour instructions fermes de traquer dans les derniers recoins de la République ces criminels, qui ont souillé la tenue de combat et l'honneur de nos valeureux soldats", a martelé M. Nzapayéké.

Mercredi, devant des dizaines de témoins, des militaires ont lynché à mort un homme suspecté d'être un soldat rallié à l'ancienne rébellion Séléka, à l'issue d'une cérémonie officielle où la présidente Catherine Samba Panza avait célébré la renaissance d'une armée nationale.

Le général Babacar Gaye, représentant spécial de l'ONU en Centrafrique, a réclamé jeudi à Bangui des "sanctions exemplaires" pour les auteurs de cet acte.

"Il est urgent qu'une chaîne pénale efficace soit constituée dans ce pays (...) S'il n'y a pas cette justice-là, l'action de la Misca (force de l'Union africaine en Centrafrique) apparaîtra toujours incomplète", avait-il souligné.

Lors de la conférence de presse, le Premier ministre a avoué son désaroi face à la situation d'extrême violence qui règne en Centrafrique, en proie à des violences interreligieuses inédites, et à des lynchages quotidiens, dans la capitale et sans doute ailleurs.

"Que nous arrive-t-il dans ce pays? Qu'est-ce qui nous arrive? Qu'arrive-t-il réellement à cette nation? A Bangui, des milliers de femmes, de bébés, et d'hommes déplacés s'entassent à quelques mètres de chez eux dans des conditions inacceptables", a-t-il déploré.

Face à la persistance des violences, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui effectuera un passage à Bangui mercredi, a estimé que l'ONU pourrait "vraisemblablement" prolonger le mandat des forces françaises, fortes de 1.600 soldats, au-delà de la période initialement prévue de six mois.

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