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Ukraine: une responsable américaine à Kiev après une mise en garde de la Russie

06/02/2014 06:14 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

L'Occident tentait à nouveau jeudi de faire pression en faveur du dialogue en Ukraine avec la visite à Kiev d'une haute responsable américaine, sommée par Moscou de ne pas "faire du chantage" à Kiev.

Au lendemain d'un avertissement russe contre tout changement de cap en Ukraine, la secrétaire d'Etat américaine adjointe, Victoria Nuland, est arrivée à Kiev et a immédiatement rencontré les trois principaux dirigeants de l'opposition, Vitali Klitschko, Arseni Iatseniouk et Oleg Tiagnybok.

Elle devait rencontrer dans la journée le président Viktor Ianoukovitch, a-t-on appris auprès de l'ambassade des Etats-Unis.

Sa visite, après celle de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton mercredi, s'inscrit dans les efforts de l'Occident en faveur du dialogue en Ukraine pour mettre fin à la longue crise politique déclenchée en novembre par l'opposition de milliers de manifestants à la volte-face pro-russe du pouvoir.

Jeudi, au moment même de l'arrivée de Mme Nuland, le Kremlin a haussé le ton, sommant les Etats-Unis de cesser de "faire du chantage" vis-à-vis de l'Ukraine et de financer "les rebelles" dans ce pays.

"L'Occident doit arrêter le chantage et l'intimidation dont l'exemple est la rencontre de Nuland avec les oligarques, les représentants du président et de l'opposition", a déclaré un conseiller du président Vladimir Poutine, Sergueï Glaziev dans une interview au quotidien Kommersant Ukraine

"Autant que nous sachions, elle a menacé les oligarques de les placer sur une liste noire américaine si le président Ianoukovitch ne cède pas le pouvoir à l'opposition. Cela n'a rien à voir avec le droit international", a-t-il poursuivi.

"Il semble que les Etats-Unis misent sur un coup d'Etat", a dit encore M. Glaziev en affirmant que les Américains dépensent "20 millions de dollars par semaine pour financer l'opposition et les rebelles, y compris pour les armer".

"Tentative de coup d'Etat"

M. Glaziev dénonce aussi "une tentative de coup d'Etat en Ukraine" que le pouvoir doit, selon lui, combattre par la force pour éviter "le chaos".

La veille, le porte-parole du président Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré que Moscou maintiendrait son aide de 15 milliards de dollars à l'Ukraine et la baisse de 30% du prix du gaz à condition que Kiev respecte de son côté ses engagements.

Mme Nuland présentera les résultats de ses entretiens vendredi lors d'une conférence de presse à Kiev, a indiqué l'ambassade des Etats-Unis.

Alors que la diplomate américaine entamait sa visite dans la capitale ukrainienne, une colonne de manifestants de l'opposition d'environ deux mille personnes a quitté la place de l'Indépendance, le Maïdan, pour se diriger vers le parlement, protégé par des barricades de camions des troupes de sécurité.

Les travaux du Parlement portent actuellement sur la réforme constitutionnelle réclamée par l'opposition pour revenir à la Constitution de 2004 et réduire les pouvoirs présidentiels. Sans s'y opposer frontalement, M. Ianoukovitch propose de rédiger un nouveau texte, ce que l'opposition refuse, jugeant le procédé trop long.

Scandant "Honte au président" ou "Gloire aux patriotes et aux héros du Maïdan", faisant flotter les drapeaux nationaux et ceux des partis d'opposition, les manifestants, dont beaucoup étaient casqués, armés de matraques en bois et munis de boucliers artisanaux, ont défilé en bon ordre devant les forces de l'ordre.

"Nous voulons que Ianoukovitch parte et qu'on change de système", expliquait Igor du parti nationaliste Svoboda.

"L'argent promis (par Moscou) ce n'est pas la Russie qui le donne à l'Ukraine, c'est Poutine qui le donne à Ianoukovitch, ce n'est pas pour nous", ajoute une manifestante quinquagénaire, Maria.

Mercredi, Mme Ashton a demandé à l'Ukraine de "faire plus" pour sortir de la crise. Elle a souhaité que "le mouvement s'accélère", après avoir rencontré le président Viktor Ianoukovitch et les principaux dirigeants de l'opposition ukrainienne.

Elle a précisé que l'UE était prête à soutenir les réformes et à contribuer à l'enquête sur les violences du mois dernier. Mais le soutien occidental à l'économie ukrainienne, actuellement à l'étude, ne sera pas une "montagne d'argent", a-t-elle prévenu.

via/neo/lpt/ros

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