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«Three Night Stand» : un froid qui sonne le glas (CRITIQUE/PHOTOS/VIDÉO)

06/02/2014 06:08 EST | Actualisé 06/02/2014 06:13 EST
Courtoisie

MONTRÉAL - De toute évidence, c’est le bordel dans la tête du personnage principal, Carl (Sam Huntington), dans la comédie dramatique Three Night Stand. Présenté notamment au Festival américain Slamdance en janvier, ce film québécois anglophone s’avère ni mauvais, ni génial. Soutenu par l’interprétation convaincante des trois premiers rôles, ce long métrage est toutefois guidé par un scénario un peu mince.

Après Who Is KK Downey?, Three Night Stand est le deuxième long métrage du réalisateur montréalais Pat Kiely. Cette production indépendante sans flafla se veut une comédie douce-amère qui explore le fantasme et les relations amoureuses. Rassurez-vous, rien de trop sérieux dans cette analyse. Le ton général est assez bon enfant, pour le meilleur et pour le pire.

L’histoire est celle de Carl (interprété par un acteur fort expressif), un développeur de jeux vidéo, qui réserve une chambre pour trois jours dans un chalet de ski des Laurentides. Il désire injecter un peu de passion dans sa vie amoureuse, qu’il partage avec Sue (Meaghan Rath, qui fait du bon travail). Ce qui devrait être un romantique séjour hivernal prend des tournures absurdes et inattendues quand le couple est accueilli au chalet par Robyn (Emmanuelle Chriqui, bonne interprétation), une ancienne passion de Carl. Pis encore, ce chalet fut de nombreuses fois le lieu d’ébats sexuels intenses entre Carl et Robyn.

La dérape

Dès lors, une sorte de triangle amoureux s’installe. Les trois personnages nagent dans une rocambolesque histoire de faux-fuyants et de crises de jalousie.

Désormais propriétaire de l’endroit en question, Robyn joue d’hypocrisie quant à ses véritables intentions. Carl, de son côté, tentera de brouiller les cartes. Quant à Sue, elle essaie de lire le jeu de son mari confus et désemparé.

Durant ces trois jours de vacances, le paysage est également meublé par plusieurs autres personnages secondaires auxquels, malheureusement, nous ne croyons pas beaucoup, à commencer par ce jeune acteur vaniteux joué par le Québécois Aliocha Schneider, qui viendra aussi semer la discorde à sa façon. Soulignons que le personnage de sa mère, incarné par Anne-Marie Cadieux, est trop caricatural. En fait, c’est tout le rapport fils/mère qui ne colle tout simplement pas.

Au fil des rencontres plus ou moins logiques - comme celle avec le conjoint de Robyn (venu de l’Ouest de manière in extrémis pour sauver son couple) qui lui envoie une claque au visage et prend plus tard une bière avec lui -, Carl perdra le contrôle de sa vie amoureuse. Au fond, il se rendra compte que, malgré les apparences, sa femme et lui ne sont pas heureux.

Sauver la mise en scène

Tourné en 18 jours à Montréal et à Val-David en décembre 2012 (avec des périodes d’ensoleillement très courtes, précisera le réalisateur en entrevue) avec un très petit budget (1,2 million de dollars), l’équipe de tournage a tenté de faire des miracles, en vain. Le travail à la caméra est moyen (très peu d’images extérieures sont touchantes ou évocatrices / certains plans rapprochés sur les acteurs sont bien réussis cependant), tout comme celui de la direction artistique. Au risque de nous répéter, la qualité de ce film repose sur le jeu des trois comédiens principaux que sont Huntington, Chriqui et Rath. Les autres personnages n’étant plus ou moins que des satellites inintéressants pour l’histoire. Notons quelques dialogues savoureux (dans la chambre du couple, entre autres), quelques scènes sensuelles intéressantes (mais qui ne durent jamais) et la capacité du scénariste à explorer des thèmes comme l’amour, le sexe, le désir, le fantasme et la trahison avec un peu plus de rigueur que dans plusieurs autres comédies du même type.

En somme, des acteurs bien dirigés et généralement bien inspirés ont réussi à livrer un film convenable qui fait rire par moments, mais qui se meut dans une histoire plus ou moins crédible ou, du moins, prenante.

Three Night Stand sera en salles le 7 février.

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