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Syrie: Damas doit accélérer son désarmement chimique (coordinatrice)

06/02/2014 11:05 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Le retard pris par la Syrie dans la destruction de son arsenal chimique "n'est pas insurmontable" mais il faut que Damas accélère nettement le rythme, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité la coordinatrice de l'opération, Sigrid Kaag.

"Les étapes intermédiaires (du calendrier de désarmement) n'ont pas été respectées", a déclaré Mme Kaag, citée par des diplomates. "La Syrie est à un point critique" et doit faire sortir du pays pour les éliminer "un volume important" de produits toxiques à un rythme régulier, a-t-elle souligné.

"Le retard n'est pas insurmontable mais il est essentiel que la Syrie accélère", a ajouté Mme Kaag, toujours selon des diplomates. "Il est temps (pour Damas) d'agir".

MM Kaag est la coordinatrice de l'opération conjointe montée par l'ONU et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) pour éliminer l'arsenal chimique syrien.

Le président syrien Bachar al-Assad s'est engagé à éliminer tout son arsenal chimique d'ici fin juin sous peine de sanctions, voire de recours à la force. Or, moins de 5% des agents chimiques les plus dangereux ont jusqu'à présent été évacués de Syrie, selon Washington, et Damas vient de manquer une nouvelle échéance de ce calendrier.

Les Occidentaux accusent le régime de traîner les pieds alors que celui-ci fait valoir les difficultés de l'entreprise dans un pays en guerre.

La Russie de son côté cherche à ménager son allié syrien."Les choses avancent" et que "ce projet va être réalisé dans les temps", a estimé mercredi son ambassadeur à l'ONU Vitali Tchourkine.

Pour l'ambassadeur britannique Mark Kyall Grant, à l'inverse, "le temps des excuses est révolu". Damas doit prendre des mesures "pour accélérer le départ des produits chimiques du pays", a-t-il déclaré à la presse à son entrée au Conseil pour des consultations à huis clos avec Mm Kaag.

En plus des 700 tonnes d'agents chimiques les plus dangereux qui auraient déjà dû avoir quitté le territoire syrien au 31 décembre, 500 tonnes supplémentaires d'agents chimiques dits de "catégorie 2" auraient dû avoir été évacués mercredi. Or, seuls deux chargements d'agents chimiques ont quitté la Syrie, les 7 et 27 janvier, via le port de Lattaquié. Quelque 120 tonnes d'isopropanol doivent en outre être détruites en Syrie d'ici au 1er mars.

Le plan de désarmement chimique de la Syrie approuvé par l'ONU prévoit que la totalité de l'arsenal chimique syrien soit détruite au 30 juin, sous peine de sanctions ou même de recours à la force. Il avait été adopté à la suite d'un accord russo-américain ayant permis d'éviter des frappes militaires américaines en Syrie.

Les agents chimiques doivent être évacués à bord de navire militaires danois et norvégiens à destination du port italien de Gioia Tauro, où ils seront transférés sur un navire de la marine américaine spécialement équipé pour procéder à leur destruction.

avz/jca

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