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Maroc/Ceuta: 9 morts dans un nouveau drame de l'immigration (nouveau bilan)

06/02/2014 02:36 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Neuf migrants clandestins sont morts noyés jeudi au Maroc en tentant de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta, selon un photographe de l'AFP, illustrant une nouvelle fois la question lancinante de la pression migratoire aux portes de l'Europe.

Le porte-parole de la préfecture de Ceuta avait auparavant évoqué à l'AFP un bilan de huit morts lors d'une tentative d'immigration menée par "environ 400 Subsahariens" et précisé que les sept premiers corps avaient été retrouvés sur la plage par la gendarmerie marocaine.

Dans la matinée, la préfecture de M'diq-Fnideq, près de Ceuta, sur la côte méditerranéenne, a annoncé que sept personnes, dont une femme, étaient décédées lorsqu'un groupe de quelque 200 migrants a essayé, au petit matin, d'entrer illégalement dans l'enclave par la mer.

Treize clandestins ont en outre été secourus, d'après la préfecture marocaine, selon qui "ce drame montre encore une fois les risques pris par les candidats à l'émigration clandestine, au péril de leurs vies".

Interrogé par l'AFP sur place, le président de l'Observatoire du Nord des droits de l'Homme, Mohamed Benaïssa, a pour sa part affirmé qu'une dizaine de migrants avaient été blessés dans des violences avec la Garde civile.

La nationalité des victimes n'a pas été communiquée. Cependant, les Camerounais étaient les plus nombreux parmi le groupe de clandestins, a avancé M. Benaïssa.

En fin d'après-midi, la situation semblait calme aux abords de Ceuta, selon un journaliste de l'AFP. Outre la présence sécuritaire des deux côtés de la frontière, un navire de la Garde civile patrouillait au large.

Ceuta et l'autre enclave espagnole de Melilla constituent les seules frontières terrestres entre l'Europe et l'Afrique. Elles sont l'objet de fréquentes tentatives de franchissement de migrants qui cherchent coûte que coûte à rejoindre "l'eldorado européen".

Triple frontière grillagée

Celles sur Ceuta, relativement moins nombreuses, se font à pied par la plage, à bord de petites embarcations ou par le poste-frontière, via des tentatives de passage en force.

Face à cet afflux, l'Espagne a récemment décidé de renforcer la triple frontière grillagée qui enserre Melilla --longue de 11 km et haute de sept mètres-- en réinstallant des barbelés dans sa partie supérieure. Cette décision a entraîné de vives protestations d'ONG et du parti socialiste (opposition).

D'après une ONG marocaine, plus de 40 migrants sont morts en 2012 et 2013 en tentant d'entrer illégalement dans les deux enclaves. Dimanche, les autorités marocaines avaient annoncé la découverte de cinq cadavres, parmi lesquels quatre Sénégalais, au large de Melilla.

D'autres prennent place à bord d'embarcations de fortune pour tenter de rejoindre le continent européen via le Détroit de Gibraltar, large de quelques dizaines de kilomètres.

Le Maroc, qui compte quelque 30.000 migrants clandestins sur son sol, a récemment enclenché une mesure de "régularisations exceptionnelles". Dans le même temps, la préfecture de Tanger a annoncé un renforcement de la surveillance du littoral, et fait régulièrement état de dizaines "d'interceptions".

Plus à l'est, l'île italienne de Lampedusa subit une pression encore plus forte. En octobre, au moins 400 personnes, dont beaucoup de femmes et d'enfants, avaient trouvé la mort dans le naufrage de leurs embarcations.

D'après l'Organisation internationale des Migrations (OIM), près de 45.000 migrants ont risqué leur vie en Méditerranée pour rejoindre les rives italiennes et maltaises, la principale voie empruntée.

En décembre, l'Union européenne a présenté un plan prévoyant notamment un renforcement des patrouilles en mer et dans les airs, de Chypre à Gibraltar. Frontex, l'agence chargée de la sécurité des frontières extérieures de l'UE, a évalué le surcoût de cette présence à 14 millions d'euros par an.

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