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Lynchage par des soldats centrafricains: Paris veut des "sanctions exemplaires"

06/02/2014 07:11 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

La France a réclamé jeudi, dans le sillage de l'ONU, des "sanctions exemplaires" après le lynchage mercredi à Bangui par des soldats centrafricains d'un homme accusé d'être un ancien rebelle.

"La France condamne les actes odieux qui ont suivi le rassemblement d'éléments des forces armées centrafricaines (...) Ces exactions appellent des sanctions exemplaires", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal.

Paris "soutient la décision de la présidente Catherine Samba Panza d'ordonner une enquête, afin que les auteurs des violences soient identifiés et répondent de leurs actes devant la justice", a-t-il dit.

Par ailleurs, il a souligné que le mandat de la Misca, la force africaine en Centrafrique, dont des forces étaient présentes au moment des faits, "vise au premier chef à protéger les civils et à mettre fin aux violences".

Ces déclarations interviennent après celles du représentant spécial de l'ONU en centrafrique, le général Babacar Gaye, qui a réclamé jeudi matin à Bangui des "sanctions exemplaires" contre les auteurs du lynchage.

Devant des dizaines de témoins, des militaires centrafricains ont lynché à mort mercredi un homme suspecté d'être un Seleka (les ex rebelles musulmans), à l'issue d'une cérémonie officielle où la présidente Catherine Samba Panza avait célébré la renaissance d'une armée nationale.

Le meurtre, à coups de pied, de pierre et de couteau, s'est déroulé dans l'enceinte de l'Ecole nationale de la magistrature où venait de s'achever la cérémonie à laquelle assistaient les plus hautes autorités de la transition, de la force française Sangaris et de la Misca, en présence de quelque 4.000 soldats centrafricains.

La France est engagée militairement en Centrafrique avec 1.600 hommes, pour appuyer la Misca et rétablir l'ordre et la sécurité dans ce pays ravagé par la violence et les tueries intercommunautaires.

Une prolongation du mandat des forces françaises en Centrafrique par l'ONU au-delà de la période initiale de six mois est "vraisemblable", a estimé jeudi le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

cf/prh/sba

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