NOUVELLES

Les Québécois sont-ils prêts à plus de diversité culturelle à la télé et au théâtre?

06/02/2014 04:30 EST | Actualisé 07/04/2014 05:12 EDT

La question refait surface périodiquement : y a-t-il suffisamment de diversité au petit écran, au cinéma et sur les planches de théâtre?

Certains estiment que le Québec est en retard par rapport au Canada anglais et à ses voisins américains. L'attribution d'un rôle principal dans la version anglophone de 19-2 à un acteur noir, Adrian Holmes, a été perçue comme un pas dans la bonne direction.

Mais le Québec francophone, lui, est-il prêt?

« On s'est fait dire "Oh, mais c'est parce que [19-2] ça ne représente pas le milieu rural", raconte l'agente Mélanie Riel, qui représente plusieurs artistes de la diversité. Regardez les séries que nous avons. Je trouve que ce n'est pas très représentatif du milieu urbain, ni même du milieu rural. Ça ne représente pas vraiment notre culture. »

L'agente constate encore aujourd'hui que, parmi ses clients qui tentent de décrocher des rôles destinés à tous, trop peu se rendent à l'étape des auditions.

Le comédien Benz Antoine en sait quelque chose. Après avoir roulé sa bosse pendant 20 ans, c'est finalement le rôle de Tyler dans 19-2 qui l'a fait connaître du grand public.

Et bien qu'il goûte aux effets de la notoriété, il doit encore passer son temps entre Montréal, Toronto et Los Angeles pour travailler régulièrement.

« C'est sûr qu'il y a encore du chemin à faire, explique-t-il. Mais bon, je suis une preuve que ça fonctionne quand même. On va vers l'avant, mais il y a toujours de l'espace pour avoir un peu plus de visibilité, plus de nouveaux visages. »

Une question de formation?

Certaines séries ont réservé davantage de place à des rôles écrits pour des acteurs issus des minorités culturelles. 30 vies est une de celles-là. Pour son auteure et productrice, Fabienne Larouche, le problème est ailleurs.

« Le vrai débat pour moi qui tous les jours travaille à écrire des personnages [concerne] le bassin d'actrices et d'acteurs des communautés culturelles et leur formation. »

À l'École nationale de théâtre, à peine une poignée de candidats issus des communautés culturelles sur plusieurs centaines se présentent aux auditions.

C'est pourquoi l'École a organisé un stage l'été dernier afin de rencontrer 16 jeunes de la diversité pour mieux les former et les orienter.

« Ça fait partie de l'avenir du théâtre, explique Denise Guilbault, directrice artistique de la section française de l'École nationale de théâtre. Si l'on regarde autour de nous, la société est multiculturelle. Si ce n'est pas ce que l'on trouve sur les scènes, ce n'est pas représentatif de notre société. Sinon, on va jouer entre nous, dans une minorité, et c'est quelque chose qui n'a aucun bon sens. »

Avec les informations de Pasquale Harrison-Julien

PLUS:rc