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"La révolution l'emportera en Ukraine" (chef de nationalistes paramilitaires)

06/02/2014 05:43 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

"La révolution l'emportera en Ukraine": Dmytro Iaroch, leader d'un mouvement nationaliste paramilitaire ukrainien dit observer une "trêve", mais menace de recourir de nouveau aux cocktails molotov si le pouvoir s'en prend aux manifestants pacifiques.

"Les Ukrainiens savent se battre. Je ne conseillerais pas aux Russes de se fourrer en Ukraine, on va leur casser la gueule", avertit d'emblée ce quadragénaire qui n'a jamais exercé sa profession de professeur d'ukrainien, revendique le doit à l'"insurrection" et se dit "nationaliste mais pas fasciste".

Pas tendre non plus avec l'Europe, il dirige Pravy Sector (Secteur Droit), un mouvement à l'idéologie controversée, qui revendique l'héritage sulfureux des nationalistes ukrainiens de l'époque de la seconde guerre mondiale, et dont quelques centaines de membres, de jeunes hommes au cheveu court, le plus souvent masqués, ont fait pleuvoir en janvier pavés et cocktails molotov sur les policiers anti-émeute à Kiev.

Il reçoit l'AFP en présence d'un garde du corps dans un petit bureau de la Maison des Syndicats, occupée par les manifestants depuis novembre.

Dans le couloir, les militants dorment à même le sol après avoir assuré la garde des barricades qui entourent la place centrale de Kiev dite Maïdan.

Ce groupe bien organisé et discipliné, pratiquement inconnu jusqu'à présent mais dont la popularité ne cesse de grandir depuis les heurts, avait décidé de "passer à l'offensive" après l'adoption de lois anti-contestation, jugeant que les manifestations pacifiques avaient atteint leurs limites.

Ce sont eux qui, depuis le 19 janvier, ont affronté les policiers qui ripostaient avec du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes, dans un climat de guérilla urbaine inédit à Kiev.

"Nous avons réussi à faire bouger les choses, nous avons donné un nouveau souffle à la révolution", se félicite-t-il.

Des responsables européens ont cependant appelé à l'apaisement après ces affrontements violents, qui ont par ailleurs été mis en exergue par la diplomatie russe pour dénoncer la contestation ukrainienne.

le droit à l'"insurrection"

Après les heurts qui ont fait au moins quatre morts et 500 blessés, les nouvelles lois répressives sur les manifestations ont été abrogées, le gouvernement a démissionné et des négociations ont été engagées entre le pouvoir et l'opposition.

Iaroch accuse le pouvoir d'avoir "provoqué" ces violences et revendique le droit du peuple à une "insurrection".

"Pour l'instant nous observons une trêve", dit le militant qui réclame la libération inconditionnelle de tous les manifestants arrêtés.

"Il est possible qu'il n'y ait aucun accord et dans ce cas-là, nous continuerons à faire pression sur le pouvoir" en faisant des grêves et en bloquant des bâtiments publics", explique-t-il.

"Si les autorités utilisent de nouveau du matériel anti-émeutes contre les manifestants pacifiques, elles verront pleuvoir des cocktails molotov et des pavés", avertit-il.

Il va jusqu'à raconter avoir demandé aux titulaires d'un permis de port d'arme de "créer une unité de protection armée" après la publication en janvier d'un ordre du ministre de l'Intérieur autorisant le recours aux armes à balles réelles contre les manifestants.

Les forces anti-émeutes ont été accusées d'avoir mis cette menace à exécution, après les premiers morts par balles parmi les manifestants le 22 janvier.

De combien d'hommes dispose le groupe? "C'est un secret", répond-il.

Iaroch se dit "héritier de la cause" de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), une formation nationaliste controversée de guérilla ukrainienne qui s'est battue pour l'indépendance de l'Ukraine contre les Soviétiques, la résistance polonaise et les nazis.

Nombre d'historiens accusent ce mouvement anti-soviétique, qui opérait dans l'ouest de l'Ukraine dans les années 1940-50, d'avoir aussi collaboré avec les nazis et commis des massacres de Polonais et de Juifs.

"L'UPA n'a pas été une formation nazie, elle n'a pas été condamnée au procès de Nuremberg", se défend Iaroch, rejetant les accusations d'antisémitisme.

Ni l'UE ni Moscou

Après le "succès de la révolution" dont il est sûr, Dmytro Iaroch cherchera à faire cesser la lutte d'influence en Ukraine entre la Russie et l'Occident, qui ne l'inspirent ni l'un ni l'autre.

La Russie "continue de mener sa politique impérialiste" envers l'Ukraine, accuse-t-il.

L'UE, quant à elle, à ses yeux, "impose des règles antichrétiennes et antinationales" aux pays membres.

"Nous ne nous opposons pas à un accord d'association avec l'UE mais nous sommes catégoriquement contre l'adhésion à l'UE", souligne M. Doroch en dénonçant les mariages homosexuels et la politique d'immigration laxiste.

"La dictature gay et le totalitarisme libéral ne conviennent pas à l'Ukraine", martèle ce père de trois enfants.

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