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La France juge probable une prolongation de sa mission en Centrafrique

06/02/2014 07:58 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

PARIS - La France prolongera vraisemblablement sa mission en République centrafricaine, a indiqué jeudi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Il a fait cette déclaration au lendemain du massacre, par des soldats centrafricains, d'un homme soupçonné d'avoir appartenu à la rébellion musulmane.

S'exprimant jeudi sur RTL, le ministre Le Drian a fait valoir qu'un renouvellement du mandat de six mois de l'ONU était probablement la meilleure façon d'assurer une transition politique pacifique.

Il était appelé à commenter la situation deux mois après le début de l'intervention de l'armée française à Bangui.

Six mille soldats de la paix africains ont été déployés pour tenter de contrôler le chaos qui a enveloppé la République centrafricaine, en plus des 1600 soldats français.

Il a expliqué que la France souhaite rétablir «un minimum de sécurité» en République centrafricaine, mais que même cet objectif modeste est difficile à atteindre en raison des affrontements entre les milices chrétiennes et les rebelles musulmans.

Dans un communiqué publié jeudi, le ministre condamne fermement «l'acte de cruauté» commis la veille, quand des soldats ont attaqué, tué et mutilé un homme soupçonné d'avoir été un espion à la solde des rebelles qui ont renversé le gouvernement en 2013 mais qui ont depuis renoncé au pouvoir.

«La France ne tolérera aucun acte qui compromet la dignité humaine et les valeurs fondamentales qu'elle défend par le biais de son intervention militaire», a prévenu M. Le Drian.

Le ministre compte visiter la République centrafricaine au cours des prochains jours.

Son homologue des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a révélé sur les ondes de France-Info, mardi, que 10 000 Casques bleus des Nations unies pourraient y être déployés, «possiblement d'ici cet été».

«Nous allons éviter le pire, a dit M. Le Drian a RTL. Notre présence peut appaiser les tensions sur le terrain et ouvrir la voie à une transition politique pacifique.»

Par ailleurs, le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch a prévenu jeudi que les rebelles musulmans qui se sont enfuis de la capitale Bangui avec l'aide illicite de soldats tchadiens, le mois dernier, ont recommencé à sévir dans le nord du pays.

Des employés de HRW ont croisé, le 26 janvier à 60 kilomètres au nord de Bangui, un convoi de soldats tchadiens lourdement armés qui escortaient au moins huit véhicules rebelles, dont un qui transportait le chef des renseignements des rebelles.

Cette rencontre, qui a été filmée par HRW, fournit possiblement la première preuve concrète que les soldats tchadiens, qui doivent veiller à la protection des civils, sont en fait de mèche avec les rebelles responsables du conflit. Le contingent africain de soldats de la paix comprend aussi des militaires provenant du Rwanda et de la République du Congo.

HRW rapporte également avoir documenté de nouvelles atrocités dans le nord du pays. Une attaque survenue le 28 janvier, à Sibut, aurait ainsi coûté la vie à trois chrétiens qui ont été torturés et exécutés par des rebelles.

«Si l'Union africaine doit vraiment protéger les civils de la République centrafricaine, alors elle doit mettre fin aux activités illicites des soldats tchadiens, a lancé Peter Bouckaert, le directeur des services d'urgence pour HRW. Les forces tchadiennes ne devraient pas permettre aux rebelles de s'attaquer aux civils.»

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