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JO-2014 - Biathlon: Bjoerndalen prend l'histoire pour cible

06/02/2014 10:53 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

A quarante ans, le Norvégien Ole Einar Bjoerndalen, légende du biathlon, va transformer les épreuves des jeux Olympiques de Sotchi en chasse au podium pour devenir l'athlète le plus médaillé de l'histoire des Jeux d'hiver.

C'est un coureur anonyme tout de rouge vêtu, qui, à l'issue de l'entraînement et comme n'importe quel cadet, revêt un survêtement par dessus son cuissard pour éviter de prendre froid. Sauf ce que cette silhouette longiligne appartient à la figure de proue du biathlon, une discipline qui - entre l'arrivée du Norvégien chez les grands en 1992-93 et cet entraînement à Sotchi une vingtaine d'années plus tard - a bénéficié médiatiquement de son aura.

Ole Einar Bjoerndalen, c'est quasiment autant de médailles internationales que d'anniversaires (39, dont 25 en or dans les JO et Mondiaux). C'est un record de victoire dans les épreuves de Coupe du monde (93) et une présence qui, à elle seule, intimide ses adversaires.

"Il se préserve énormément, on n'arrive pas à faire ressortir grand chose de lui humainement parlant quand on est dans le circuit. Mais en dehors de ça, c'est un gamin, on a fait des grosses conneries", se souvient le Français Raphaël Poirée, son meilleur ennemi qui a pris sa retraite en 2007.

En 1994, chez lui à Lillehammer en Norvège pour ses premiers pas olympiques, Bjorndalen n'est encore qu'un talent de 20 ans, et il traversera ces Jeux dans l'anonymat.

Tout le contraire de Nagano, quatre ans plus tard, avec l'or sur le sprint et l'argent en relais par équipes. Le chef d'oeuvre intervient en 2002 à Salt Lake City avec un Grand Chelem monumental, quatre médailles d'or dans les quatre épreuves (individuel, sprint, poursuite et relais).

En 2006, il déçoit à Turin, suite à une préparation tronquée par la maladie. Il y décroche tout de même trois nouvelles médailles, avec l'argent (individuel et poursuite) et le bronze (mass start/départ en ligne). Avec la médaille d'argent récoltée en individuelle et l'or du relais à Vancouver-2010, Bjoerndalen comptabilise donc 11 médailles olympiques (6 or, 4 argent et 1 bronze).

"Perfectionniste de A à Z"

Une médaille de plus à Sotchi, et il rejoindra dans l'histoire le plus grand fondeur de tous les temps, son compatriote norvégien Björn Daehlie qui a glané 12 médailles (8 or, 4 argent). Deux, et Bjoerndalen sera seul au monde...

"Il le mérite. C'est un professionnel qui a fait évoluer notre sport, quelqu'un qui est perfectionniste de A à Z, il n'y a pas beaucoup de sportifs comme lui", souligne Poirée.

En retrait par rapport aux meilleurs de la discipline depuis trois ans (le Norvégien Emil Hegle Svendsen et le Français Martin Fourcade), OEB a tout de même montré cet hiver avec des podiums en Coupe du monde qu'il faudrait compter avec lui.

"Je regrette de ne pas l'avoir vu évoluer, note Poirée. D'année en année, normalement on a d'autres attraits, des enfants... Lui on a l'impression qu'il fait les mêmes choses depuis qu'il a commencé. Ca fait trois ans que c'est difficile, c'est justement parce qu'il avait du mal à admettre qu'il avait changé. Il a énormément appris".

Après Sotchi, il sera temps pour lui de penser à une autre vie.

Selon Martin Fourcade, qui a succédé à Poirée dans le camp des adversaires, sa voie est toute tracée.

"Humainement, il est gentil et respecteux vis à vis des autres. Je crois qu'il mène aussi campagne pour intégrer le CIO et ce serait un bon athlète pour ça".

Du biathlon au CIO, Bjoerndalen doit maintenant viser juste.

fbr/el

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