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Des milliers de femmes sont détenues illégalement en Irak, dit HRW

06/02/2014 09:47 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

BAGDAD - Les autorités irakiennes détiennent illégalement des milliers de femmes, dont plusieurs qui sont torturées, maltraitées et menacées de sévices sexuels, a prévenu jeudi Human Rights Watch.

Le rapport de 105 pages contient les témoignages de dizaines de femmes. L'une d'elle a indiqué avoir avoué ses crimes présumés quand les responsables ont menacé de violer sa fille adolescente. Cette femme a été exécutée sept mois après avoir parlé à HRW.

Les allégations de sévices n'ont rien de neuf, mais le rapport de l'organisation new-yorkaise suscite des questions quant à la capacité de l'Irak de traiter équitablement ceux arrêtés lors de rafles visant des militants.

Les groupes internationaux de défense des droits de la personne s'inquiètent de la faiblesse de l'appareil judiciaire irakien, qu'ils accusent d'être corrompu et de ne pas respecter les normes internationales.

Human Rights Watch affirme que les femmes sont détenues pendant des mois, voire des années, avant de finalement comparaître devant un juge. Plusieurs ont été arrêtées en lien avec les activités terroristes présumées d'hommes de leur entourage. Les détenues rencontrées ont raconté avoir été frappées, violées et menacées d'agression sexuelle par des membres des forces de l'ordre.

«Les forces de l'ordre irakiennes se comportent comme si les agressions brutales de femmes allaient rendre le pays plus sécuritaire, a dénoncé Joe Stork, le directeur de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. En fait, ces femmes et leurs proches nous ont raconté que les conditions sécuritaires vont continuer à se détériorer, tant que les forces de l'ordre pourront continuer à sévir en toute impunité.»

Les militants citent fréquemment les mauvais traitements infligés aux femmes pour justifier leurs attaques.

Human Rights Watch demande aussi aux Irakiens d'admettre à quel point ces sévices sont répandus, d'enquêter rapidement sur les allégations de torture et de mauvais traitements, et d'apporter des réformes urgentes aux secteurs judiciaire et sécuritaire.

HRW affirme que les responsables irakiens balaient du revers de la main les cas d'agressions contre des femmes, en prétendant qu'il s'agit d'incidents isolés.

Le rapport de HRW s'appuie sur des entretiens avec 27 femmes et sept filles détenues entre décembre 2012 et avril 2013, ainsi que sur des rencontres avec leurs proches, des médecins, des dirigeants irakiens, des militants et l'ONU. Il cite aussi des documents juridiques et gouvernementaux.

La libération des détenues comptait parmi les principales revendications des manifestants qui ont défilé à travers l'Irak l'an dernier.

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