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Décès de Vasil Bilak, adversaire farouche du "Printemps de Prague" en 1968

06/02/2014 05:37 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

L'ancien dirigeant communiste slovaque Vasil Bilak, farouche adversaire du mouvement réformateur "Printemps de Prague" mené en 1968 par Alexander Dubcek et partisan de l'occupation soviétique de la Tchécoslovaquie, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Bratislava à l'âge de 96 ans, a annoncé le parti communiste slovaque.

Vasil Bilak fut en été 1968 l'initiateur de la "lettre d'invitation" adressée au dirigeant soviétique Léonide Brejnev, dans laquelle il demandait à Moscou d'occuper militairement la Tchécoslovaquie, pour mettre fin aux réformes visant à démocratiser la vie politique, économique et culturelle de ce pays.

L'occupation de la Tchécoslovaquie, le 21 août 1968, par les unités soviétiques et celles de quatre autres pays de l'ex-Pacte de Varsovie (Bulgarie, Hongrie, Pologne, ex-RDA) a fait une centaine de morts pendant ses premiers jours.

Alexander Dubcek (1921-1992) et plusieurs autres dirigeants réformateurs du parti communiste ont été arrêtés, déportés à Moscou et contraints de signer un protocole humiliant sur la fin des réformes et la "normalisation de la situation".

Après l'installation en avril 1969 d'un nouveau régime pro-moscovite du "président de l'oubli" Gustav Husak, Vasil Bilak fut pendant deux décennies le numéro 2 du parti communiste et gardien de son caractère dogmatique.

Plusieurs centaines de milliers de Tchèques et de Slovaques, partisans des idéaux du "Printemps de Prague", ont été chassés de leur emploi et assignés à des tâches manuelles. L'accès aux études supérieures était barré à leurs enfants. Un grand nombre d'opposants au régime ont été persécutés par la police secrète StB.

La position de Vasil Bilak s'est logiquement fragilisée après l'élection en 1985 du dirigeant réformateur Mikhaïl Gorbatchev à la tête du parti communiste soviétique. Il a démissionné en 1988, peu avant l'écroulement du régime totalitaire dans l'ancienne Tchécoslovaquie, lors de la "Révolution de velours" de novembre-décembre 1989.

Accusé de haute trahison, il n'a pourtant jamais été réellement inquiété par la justice slovaque après la partition de la Tchécoslovaquie en 1993. Il a mené une vie tranquille, dans sa villa de Bratislava, jusqu'à la fin de ses jours.

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