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Afghanistan : la commission électorale inquiète pour la présidentielle

06/02/2014 08:59 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

La commission des plaintes électorales (ECC) craint de ne pas être prête pour l'organisation du scrutin présidentiel prévu en avril en Afghanistan en raison de problèmes d'effectifs et de financement, ce qui fait planer la menace d'une répétition des fraudes généralisées, observées en 2009.

La campagne électorale s'est ouverte cette semaine et l'ECC a fait savoir qu'elle n'avait reçu qu'une partie des fonds promis par les bailleurs internationaux.

Les Nations unies, qui gèrent ce budget, attendent en effet pour débloquer l'argent que le gouvernement de Kaboul procède comme prévu à la nomination des responsables des bureaux de contrôle en province.

« En dehors de deux gros groupes électrogènes et de quelques meubles que l'ONU a achetés pour nous, nous n'avons rien reçu », a déploré un responsable de la commission qui a requis l'anonymat.

« Nous n'avons toujours pas ouvert nos bureaux en province », a-t-il ajouté.

Normalement, l'ECC doit recevoir au total 12 millions de dollars des Nations unies et 100 millions d'afghanis (1,8 million de dollars) du gouvernement afghan.

L'ONU assure avoir fait tout son possible pour que l'ECC soit prête en vue de l'élection d'avril, mais que le retard pris dans l'adoption de la nouvelle législation et dans les nominations a contraint à repousser le calendrier prévu.

« Ce sera vraiment un défi pour eux d'être prêts à temps, mais ce n'est pas la faute de la communauté internationale », déclare Nicholas Haysom, numéro deux de la mission de l'ONU en Afghanistan.

Lenteur de la part de Kaboul

« Le retard est dû à la lenteur de telle ou telle institution afghane à prendre des décisions », a-t-il ajouté.

Si le gouvernement de Kaboul accélère le rythme et prend les mesures qui s'imposent, alors les fonds promis seront débloqués. « Il y a des questions essentielles qui ne relèvent pas de la communauté internationale mais seulement des autorités afghanes, comme la nomination des commissaires qui revient au président », a précisé Nicholas Haysom.

Les groupes indépendants chargés de surveiller le bon déroulement du scrutin se plaignent également de ne pas avoir reçu assez de financement, qui se fait étape par étape et sous certaines conditions.

« Nos activités en sont affectées... Lors de la dernière élection, nous avions reçu les fonds en une seule fois, aujourd'hui ça se fait au compte-gouttes et ça ne nous aide pas beaucoup », a expliqué le dirigeant de la Free and Fair Élection Foundation, Jandad Spinghar.

Aux termes de la Constitution, le président Hamid Karzaï ne peut se représenter en avril, car il a déjà accompli deux mandats présidentiels consécutifs.

En 2009, la commission des plaintes électorales, alors majoritairement nommée par les Nations unies, avait conclu à des preuves de fraude « claires et convaincantes » et ordonné un recomptage partiel des voix.

Dans un pays divisé suivant des lignes ethniques et claniques, les contestations s'annoncent nombreuses à l'issue du scrutin, d'où la nécessité d'une commission de contrôle efficace pour régler les litiges.

« Si ça continue comme ça, nous aurons de gros problèmes et nous serons incapables de remplir notre mission », reconnaît le porte-parole de l'ECC, Nader Mohseni.

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