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Rive-Sud: des musulmans incapables de se trouver un cimetière

05/02/2014 03:28 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT
Thomas Gerbet - Radio-Canada

Des musulmans de la Rive-Sud demandent à Pauline Marois d'intervenir pour les aider à établir un deuxième cimetière islamique au Québec. Depuis plusieurs années, ils tentent sans succès d'acquérir un terrain, alors que l'unique cimetière musulman de la province, à Laval, ne suffit plus à la demande.

Un texte de Thomas Gerbet Twitter Courriel

Trois hectares : c'est la superficie que cherchent à acquérir les membres des mosquées de Brossard et Longueuil. Malgré des démarches auprès d'une vingtaine de municipalités en Montérégie, ils obtiennent toujours les mêmes réponses :  il n'y a pas de terrain disponible zoné pour cet usage ou un cimetière n'est pas intéressant puisqu'il n'apporte pas de taxes.

« On ne demande pas la charité », précise Mazen Al-Moughrabi, membre du conseil de la mosquée Al-Falah située dans l'arrondissement Saint-Hubert, à Longueuil. Il se dit prêt à acquérir un terrain contaminé ou en zone inondable. Il propose même de payer des taxes sur ce terrain. « Il me semble qu'on a le droit à une petite place pour enterrer nos morts ».

À Hinchinbrooke, dans le sud-ouest de la Montérégie, un propriétaire était prêt à leur vendre son terrain, mais la municipalité s'y est opposée. « Nous avons déjà cinq cimetières sur cinq terrains », explique le directeur général Kevin Neal. « Les cimetières, c'est pour les gens de la place ». La municipalité prépare l'adoption d'un nouveau règlement pour entériner ce principe. « Ça nous permettra d'éviter ce genre de demandes », justifie le directeur général de la municipalité.

À Huntingdon, une demande similaire avait été rejetée dans la controverse l'an dernier.

Lettre à Pauline Marois

Découragé par tous ces refus, le regroupement de musulmans a écrit une lettre au bureau de la première ministre, Pauline Marois. C'est leur courtier immobilier, Claude Huart, qui la signe. Selon lui, seul Québec peut débloquer la situation : « Le gouvernement pourrait libérer une terre de la couronne ou imposer à une municipalité un usage de cimetière pour les musulmans ».

Le bureau de la première ministre nous a référés à la porte-parole du ministère des Affaires municipales, Émilie Lord. Elle-même attribue la responsabilité aux municipalités. « Elles seules peuvent modifier le zonage », explique-t-elle. « Il appartient au promoteur d'acquérir un immeuble dans une zone où l'usage concerné est autorisé ou de faire les démarches auprès de la municipalité pour modifier le zonage ». Elle ajoute que « si un citoyen se sent lésé, il peut toujours aller devant un tribunal ».

Le courtier immobilier Claude Huart pense que le débat actuel sur la charte des valeurs québécoises pourrait rendre les élus frileux. « La meilleure façon de gagner notre confiance, c'est de nous aider », ajoute Mazen Al-Moughrabi.

Les cimetières musulmans ne sont pas vraiment différents des cimetières catholiques, mis à part que les pierres tombales sont tournées vers l'est (en direction de La Mecque). Des musulmans sont déjà enterrés avec ces précautions dans différents cimetières du Québec, mais Mazen Al-Moughrabi voudrait que les bénéfices puissent profiter à une mosquée plutôt qu'à une paroisse.

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