Djibouti: discussion opposition-pouvoir pour une sortie de crise (opposition)

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Le président djiboutien Omar Guelleh a reçu samedi le vice-président de la coalition de l'opposition pour tenter de sortir de la crise politique qui dure depuis un an après des législatives controversées, a indiqué mercredi à l'AFP le représentant de la coalition en France.

"Cette rencontre, avec le vice-président de l'Union pour le salut national (USN, opposition), Adan Mohamed Abdou, a eu lieu à l'initiative de la présidence et c'est une bonne chose que le président Guelleh revienne à la table des négociations", a déclaré Maki Houmed-Gaba, représentant en France de l'USN.

Après les élections, entachées de fraudes selon l'opposition, un dialogue avait débuté mi-août avec le pouvoir, sous la pression de l'UE et des Etats-Unis, mais il avait tourné court après quatre rencontres.

La coalition de l'opposition qui regroupe sept partis politiques, doit toutefois "rester vigilante", a observé M. Houmed-Gaba. L'USN craint en effet que le président Guelleh n'agisse que sous la pression de futures échéances internationales, telles qu'un sommet à Bruxelles début avril de l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA) au cours duquel doit être discutée l'aide à Djibouti.

Lundi prochain, les ambassadeurs de l'UE se réunissent aussi à Djibouti dans le cadre de la Convention de Lomé et un sommet UA-Etats-Unis est prévu en septembre en août à Washington.

"Nous voulons croire que le président Guelleh puisse être de bonne foi et accède à nos demandes mais ses paroles doivent être suivies d'effet", a souligné M. Houmed-Gaba, craignant une "tactique qui ne serait pas la première".

Selon lui, le chef de l'Etat a donné un accord verbal aux revendications de l'USN sur la transparence des futures élections, la liberté de manifestation, la libération des prisonniers politiques au nombre d'une vingtaine, et l'arrêt du harcèlement des opposants et des mauvais traitements dans les prisons.

Cet accord devrait être confirmé à l'opposition la semaine prochaine, avant de nouvelles discussions sur la représentation à l'Assemblée nationale où l'USN refuse de siéger.

L'USN affirme avoir remporté les législatives du 22 février 2013 et revendique 52 sièges sur 65. Le pouvoir ne lui en a attribué que 10. Seuls deux députés de l'opposition ont accepté de siéger.

L'USN avait déploré de ne pas avoir obtenu les résultats définitifs, bureau par bureau, ce qu'avait également réclamé en vain l'Union européenne. Le Parlement européen avait conclu en juillet à des "soupçons de fraude" et demandé au pouvoir de mettre fin à la répression des opposants.

L'USN a appelé à une manifestation le 22 février, un an après les législatives.

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