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Montréal: l'identité de l'homme abattu par la police dévoilée

04/02/2014 08:10 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT
Alain Beland - Radio-Canada

La mort d'un itinérant sous les balles d'un policier, lundi à Montréal, relance la problématique de l'intervention des autorités auprès des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Rappelons qu'Alain Magloire, 41 ans, a été abattu par des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) au centre-ville, après avoir manifesté un comportement jugé violent.

L'enquête est menée par la Sûreté du Québec. Les sept policiers qui ont participé à cette intervention ont été traités pour choc nerveux.

Avant ce fatal incident, la victime avait séjourné quelques jours à la Mission Old Brewery, d'où elle avait été expulsée après avoir fait du grabuge à l'aide d'un marteau. C'est d'ailleurs avec cette même arme de fortune que l'homme aurait menacé les policiers, près de la gare d'autobus.

Le directeur de la Mission Old Brewery, Matthew Pearce, tire toutefois espoir du projet pilote Prisme, instauré il y a deux mois, et grâce auquel des itinérants peuvent consulter deux psychiatres, des infirmières et un travailleur social et ce, à même les locaux de l'établissement.

C'est que, parmi les itinérants, certains refusent de se rendre à l'hôpital. Matthew Pearce cite en exemple le cas d'un homme qui « tournait en rond dans le stationnement du refuge depuis dix ans » et qui est maintenant prêt à partir, parce qu'il a reçu des soins adéquats en participant pendant un peu plus d'une semaine au Projet Prisme.

Hilaire Cyr est un itinérant qui se dit fort inquiet de la rapidité avec laquelle certains policiers « tirent sur la gâchette ». 

« C'est pas la première fois que ça arrive et c'est du monde malade, toujours, qui paie pour. Mais, au moins, ils sont débarrassés. Il y en a beaucoup qui se suicident dans la rue et vous ne le savez même pas. On les voit, nous. Ils nous le disent », affirme M. Cyr.

L'utilisation d'un pistolet Taser aurait-il fait la différence?

Selon Stéphane Berthomet, un analyste en affaires policières qui a accordé une entrevue à Marie-France Bazzo, animatrice de C'est pas trop tôt sur les ondes de Ici Radio-Canada Première, les policiers du SPVM ne sont pas tous munis de pistolets Taser, parce qu'il serait coûteux de former des effectifs policiers à cette fin. « Il faut quatre jours de formation pour le Taser, dit-il, et ce sont des armes qui coûtent cher ».

Stéphane Berthomet estime toutefois que cela constituerait sans doute une piste de solution que de confier des armes Taser à un plus grand nombre de policiers. À son avis, cette problématique amène la question suivante : « Combien les autorités sont-elles prêtes à investir pour la sécurité de la vie des citoyens? »