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04/02/2014 07:52 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Le pape demande aux fidèles de découvrir la pauvreté en se privant

Le pape François a centré son premier message de Carême sur la priorité de son pontificat - la pauvreté -, demandant aux catholiques une démarche concrète de privation qui doit "faire mal" pour être valable et pour comprendre le message de dépouillement du Christ.

"Le Carême est un temps propice pour se dépouiller, et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver (...) N'oublions pas que la vraie pauvreté fait mal: un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l'aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal", écrit le pape François dans son message.

Le Carême, période de 40 jours avant la célébration de la crucifixion et de la résurrection du Christ, selon la tradition chrétienne, est depuis toujours une période de jeûne et de pénitence. Mais, à la différence du Ramadan pour les musulmans, il n'est plus suivi sérieusement par beaucoup de chrétiens.

Intitulé "Il s'est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté", le message reprend une formule de l'apôtre Paul pour définir le message de Jésus, et distingue la "pauvreté" évangélique, une pauvreté choisie qu'il exalte car elle permet le partage, et la misère qu'il faut combattre.

Le pape, qui a dénoncé sans cesse depuis son élection la misère matérielle et les injustices sociales, insiste tout autant sur "la misère morale et spirituelle".

Le message évoque "ceux qui sont privés des droits fondamentaux et des biens de première nécessité comme la nourriture, l'eau, l'hygiène, le travail". "Lorsque le pouvoir, le luxe et l'argent deviennent des idoles, ils prennent le pas sur l'exigence d'une distribution équitable des richesses", dénonce-t-il.

Mais François estime que la misère morale et spirituelle est tout aussi dramatique: "combien de familles sont dans l'angoisse parce que quelques uns de leurs membres - souvent des jeunes - sont dépendants de l'alcool, de la drogue, du jeu, de la pornographie. La misère morale peut bien s'appeler début de suicide. Cette forme de misère est cause de ruine économique".

Le message a été présenté à la presse par le cardinal guinéen Robert Sarah, président du Conseil pontifical "Cor Unum" (chargé des oeuvres de l'Eglise), de retour d'une mission aux Philippines, dans la région dévastée par le cyclone.

Selon lui, le pape a voulu mettre l'accent sur "ces misères qui ne se voient pas". "La grande faute de la culture moderne est d'avoir imaginé un homme heureux sans Dieu. Là-dessus, je vois une grande continuité avec Benoît XVI, qui a fait de la dénonciation du manque de Dieu dans la culture moderne le coeur de son message".

jlv/abk

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