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04/02/2014 03:33 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Le Koweït appelé à lever les restrictions sur la liberté d'expression (HRW)

Human Rights Watch (HRW) a exhorté mardi le Koweït à amender sa législation servant à réprimer la liberté d'expression et à emprisonner des militants.

Dans un communiqué à l'occasion de la publication de son rapport annuel sur le Koweït, l'organisation de défense des droits de l'Homme a appelé aussi les autorités koweïtiennes à tenir leurs promesses de résoudre le problème de plus de 100.000 apatrides (bidouns en arabe ndlr), qui réclament leur droit à la nationalité.

En 2013, les autorités koweïtiennes ont poursuivi en justice au moins 29 personnes pour avoir exprimé des opinions critiques sur les réseaux sociaux ou lors de manifestations.

"Les autorités koweïtiennes ont sévi contre la liberté d'expression durant l'année dernière", écrit Nadim Houry, directeur adjoint de HRW pour le Moyen-Orient.

"Le gouvernement doit laisser le peuple koweïtien parler et écrire librement, et tenir ses promesses de répondre aux bidouns demandant leur droit à la citoyenneté", a-t-il ajouté.

Les poursuites judiciaires ont été engagées dans la plupart des cas sur la base d'un article du code pénal, qui prévoit jusqu'à cinq ans de prison pour toute personne qui émet publiquement "des objections sur les compétences et l'autorité de l'émir, ou lui fait des reproches".

L'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, avait gracie en juillet tous ceux qui avaient été jugés sur la base de cet article, mais des poursuites judiciaires ont ensuite été engagées contre au moins 3 autres personnes.

Dans son rapport, HRW note qu'en 2013, les forces de sécurité avaient brutalement dispersé plusieurs manifestations organisées par des apatrides revendiquant la nationalité et d'autres droits de base.

Le Koweït compte au moins 105.000 bidouns, pour la plupart des descendants de nomades qui n'avaient pas postulé à temps à la nationalité.

Les autorités affirment que seuls 34.000 sont éligibles pour obtenir la nationalité, accusant les autres d'avoir détruit leurs pièces d'identité d'origine pour pouvoir bénéficier des avantages qu'offre le riche émirat pétrolier.

HRW a en outre accusé le Koweït d'avoir adopté "des mécanismes l'expulsion rapide et sans décision de justice" de résidents étrangers.

Ainsi, a-t-elle noté, des centaines d'étrangers ont été expulsés de l'émirat pour de simples infractions au code de la route.

Après un moratoire observé depuis 2007 sur l'application de la peine de mort, l'émirat a exécuté l'an dernier cinq condamnés à mort, selon HRW.

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