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04/02/2014 07:56 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

La parution d'un livre de notes de Jean-Paul II suscite des réactions partagées

VARSOVIE, Pologne - Les Polonais sont partagés entre la louange et la condamnation du secrétaire particulier de l'ancien pape Jean-Paul II, qui a décidé de publier les notes personnelles du défunt pontife même si celui-ci lui avait demandé de les détruire après sa mort.

Jean-Paul II avait ordonné que ses notes soient brûlées après sa mort et avait confié cette tâche à son confident, Stanislaw Dziwisz, devenu cardinal en 2006.

Ce dernier a récemment déclaré qu'il n'avait pas le courage de détruire les notes et qu'il désirait les publier pour donner un aperçu de la vie intérieure du bien-aimé pontife, qui sera canonisé en avril.

Le livre doit paraître ce mercredi en Pologne. Pour l'instant, les condamnations du cardinal Dziwisz se font nettement plus nombreuses que les louanges.

«Je ne pense pas que ce soit correct pour un membre de l'Église de faire fi de la volonté et de l'autorité du pape, peu importe la raison, a dit Ewelina Gniewnik, au moment de quitter une église au coeur de Varsovie. Je ne crois pas que le cardinal Dziwisz sait vraiment ce qu'il fait.»

Le livre de langue polonaise contient des méditations religieuses que Karol Wojtyla a enregistrées entre juillet 1962 et mars 2003 — une période pendant laquelle il est passé de simple évêque à pape supervedette. Le livre devrait être publié en anglais et en d'autres langues, mais aucun détail n'était disponible dans l'immédiat.

La décision de publier ne va pas à l'encontre de l'infaillibilité pontificale, qui ne s'applique qu'à la doctrine de l'Église.

Certaines personnes ont toutefois été choquées qu'un confident ait ainsi désobéi aux ordres du pape, surtout en ce qui concerne une question aussi sacrée que celle d'un testament, et le cardinal Dziwisz a fait l'objet de commentaires vitrioliques en ligne.

Le livre lui-même risque d'être difficilement accessible aux lecteurs du dimanche. Il compte 640 pages et est essentiellement composé d'idées profondément religieuses, denses et parfois archaïques, qui surgissent de citations tirées de la Bible. Les prêtres, les théologiens et les philosophes en seront inspirés, tandis que les laïcs trouveront ces écrits hermétiques.

Toutefois, une remarque cryptique concernant les prêtres pécheurs et inscrite en mars 1981, prend possiblement un nouveau sens face au déluge d'accusations de pédophilie dirigées contre l'Église.

«L'aspect social du péché, a écrit Jean-Paul II, cela fait mal à l'Église en tant que communauté. Surtout un péché commis par un prêtre.»

Le cardinal Dziwisz était prêt à faire face aux accusations de trahison dont il fait l'objet. Il a côyoté l'ancien pape pendant 40 ans et comptait parmi ses plus proches collaborateurs. Il a été nommé archevêque de Cracovie en 2005, au moment de la mort de Jean-Paul II, et il y construit un musée dédié à la mémoire du pape. Il dit que les recettes générées par le livre seront consacrées à ce projet.

«Je n'avais aucun doute, a-t-il récemment déclaré. Ces notes sont si importantes, elles en disent si long concernant le côté spirituel, concernant l'individu, concernant ce grand pape, qu'il aurait été criminel de les détruire.»

Il a rappelé le désarroi des historiens quand les lettres du pape Pie XII ont été brûlées.

Le livre surprendra peut-être pour ce qu'il ne contient pas, puisqu'on n'y retrouve aucune mention des événements mondiaux, comme la chute du communisme, survenus pendant le pontificat de Jean-Paul II.

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