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04/02/2014 06:45 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

La justice portugaise autorise la vente aux enchères de 85 oeuvres de Miro

Le tribunal administratif de Lisbonne a autorisé mardi la vente aux enchères controversée par l'Etat portugais de 85 oeuvres de Joan Miro, prévue dans la soirée par Christie's à Londres, a annoncé l'agence Lusa.

Les juges ont ainsi rejeté une demande du parquet général portugais qui avait recommandé au tribunal de suspendre la vente, après avoir été saisi par des députés du Parti socialiste portugais, principale force d'opposition au gouvernement de centre droit.

Contacté par l'AFP, le parquet général n'a pas souhaité commenter la décision du tribunal.

La vente des oeuvres de l'artiste espagnol (1893-1983) est prévue mardi soir et mercredi à Londres par la maison d'enchères Christie's, qui a estimé sa valeur globale à plus de 30 millions de livres (36,4 millions d'euros).

Cette collection était devenue propriété de l'Etat portugais à la suite de la nationalisation en 2008 de la banque BPN, qui avait subi d'importantes pertes dues à des opérations frauduleuses aggravées par la crise financière internationale.

Pour Christie's, il s'agit "d'une des plus vastes et impressionnantes collections de l'artiste jamais mises aux enchères". La collection comprend notamment un des chefs d'oeuvre de Miro, Femmes et oiseaux, évalué entre 4 et 7 millions de livres (4,8 à 8,4 millions d'euros) par Christie's.

La décision du gouvernement de vendre les 85 oeuvres de Miro pour renflouer les caisses de l'Etat a mis en émoi les milieux culturels. Une pétition circulant sur internet pour exiger le maintien au Portugal de la collection a rassemblé plus de 8.800 signataires.

"L'importance de Joan Miro dans l'histoire de l'art est absolument incontestable et il n'existe au Portugal aucune collection de ce peintre ou d'un autre de cette époque ayant une valeur patrimoniale et artistique comparable à celle-ci", avaient fait valoir les députés socialistes.

"Une collection des tableaux de Miro est un ensemble artistique générateur de richesse partout dans le monde et a fortiori dans un pays touristique comme le Portugal", a estimé l'Association portugaise de Muséologie.

"Ce n'est pas la priorité du Portugal de garder une collection de cette dimension d'un grand peintre espagnol du XXe siècle", avait rétorqué le secrétaire d'Etat à la Culture Jorge Barreto Xavier.

Le Portugal s'est engagé auprès de ses créanciers internationaux à mettre en oeuvre un programme de stricte rigueur budgétaire, en échange d'un prêt de 78 milliards d'euros accordé en mai 2011.

bh/ml

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