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04/02/2014 04:52 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Arabie: le chef de la police religieuse dénonce ses agents extrémistes

Le chef de la police religieuse saoudienne a admis la présence d'extrémistes au sein de son organisme et promis de se débarrasser de ces "partisans de la sédition", dans une déclaration publiée mardi.

"Il y a des partisans de la sédition au sein de la Commission" de la promotion de la vertu et de la prévention du vice, et "nous allons exclure tous ceux qui provoquent la sédition dans le pays", a déclaré cheikh Abdel Latif Al-Cheikh, cité par le quotidien Okaz.

La décision de sévir contre les extrémistes au sein de la puissante police religieuse coïncide avec un durcissement de la loi contre l'extrémisme religieux, annoncé lundi par décret royal et prévoyant jusqu'à 20 ans de prison pour la participation de Saoudiens à des combats à l'étranger et appartenance à des "groupes terroristes".

Cheikh Abdel Latif Al-Cheikh a jugé "illicites" les "appels au jihad" dans les pays voisins, se faisant ainsi l'écho du décret royal selon lequel "prendre part à des combats à l'extérieur du royaume, sous n'importe quelle forme", est désormais puni par des peines allant de trois à 20 ans de prison.

Depuis un an, les autorités saoudiennes multiplient les mises en garde aux Saoudiens tentés de s'engager aux côtés des rebelles syriens, majoritairement sunnites, qui combattent le régime de Bachar al-Assad.

Selon des diplomates, des centaines de Saoudiens, peut-être même des milliers, se sont néanmoins rendus en Syrie.

L'implication de Saoudiens dans des groupes jihadistes fait craindre à Ryad la résurgence à leur retour des attaques meurtrières menées entre 2003 et 2006 par Al-Qaïda dans le royaume.

La police religieuse, qui doit veiller au respect des bonnes moeurs, est souvent accusée d'abus. Ses hommes prennent en chasse les couples non mariés, veillent à ce que les femmes soient voilées et respectent l'interdiction de conduire, ou encore que les commerces ferment pendant les heures de prière.

Mais ses membres se font un peu plus discrets depuis la nomination en janvier 2012 de cheikh Abdel Latif Al-Cheikh, qui a renoncé à la contribution de "volontaires", souvent accusés d'abus et de violences, et a mis fin à l'utilisation de voitures banalisées. Il est connu pour ses positions modérées concernant la mixité, qu'il ne prohibe pas lorsqu'elle n'enfreint pas les règles islamiques, alors que le royaume impose une stricte ségrégation des sexes.

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