Une trentaine de Canadiens participent à des activités «terroristes» en Syrie

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SYRIE AL QAIDA
AFP
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OTTAWA - Au moins 130 Canadiens participent à des activités "terroristes" à l'étranger, dont une trentaine se trouvent actuellement en Syrie, a déclaré lundi le directeur des services canadiens de contre-espionnage, Michel Coulombe, devant une commission sénatoriale.

Évoquant un "phénomène inquiétant", le patron du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) a averti que "le retour au Canada de ces terroristes (peut) constituer une menace plus immédiate pour la sécurité nationale".

Que ce soit lors de la prise d'otage sanglante d'une raffinerie en Algérie l'année dernière, d'attaques des milices shebab en Somalie ou encore de combats aux côtés de groupes jihadistes en Syrie, plusieurs Canadiens ont perdu la vie ces derniers mois en prenant part à des activités extrémistes dirigées par des organisations liées à Al-Qaïda.

Il serait toutefois "trompeur" d'appeler "combattants étrangers" chacun des quelque 130 Canadiens qui se trouvent actuellement "à l'étranger pour mener des activités extrémistes", a relevé M. Coulombe.

En effet, a-t-il expliqué au Comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense, "certains participent au financement, d'autres au soutien logistique". "Le 130 personnes évoquées ne sont pas toutes en train de se battre en Syrie, en Afghanistan ou ailleurs", a-t-il souligné.

C'est la première fois que le SCRS chiffre publiquement le nombre de Canadiens participant à des activités terroristes à l'étranger.

Le parlement canadien avait adopté en 2012 une loi criminalisant les déplacements à l'étranger pour y mener des activités terroristes, ce dont s'est félicité M. Coulombe.

Néanmoins, il a appelé à un renforcement de l'arsenal législatif afin de permettre la mise en place d'un "système de collecte d'informations sur les sorties aux frontières" des Canadiens. Ceci aiderait à "combler les lacunes" dans la filature de ses concitoyens se rendant à l'étranger à des fins extrémistes, a-t-il dit.

M. Coulombe a fait ces déclarations dans le cadre d'une réunion convoquée d'urgence après que la divulgation, la semaine dernière, de documents secrets obtenus auprès de l'ancien consultant du renseignement américain Edward Snowden eut jeté le doute sur les activités d'un deuxième service canadien de renseignement, le Centre de la sécurité des télécommunications du Canada (CST).

Selon ces documents, le CST a été en mesure de suivre les mouvements de tous les passagers ayant fréquenté les aéroports tout en se connectant aux systèmes wifi avec leurs appareils mobiles (téléphones, tablettes ou ordinateurs).

Présent aux côtés de M. Coulombe, le directeur du CST John Forster a assuré que ses services n'interceptaient que des métadonnées et que, fidèles à la loi, ils ne ciblent pas les Canadiens.

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