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03/02/2014 08:31 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Pakistan: l'opposant Imran Khan refuse de joindre le comité de paix des talibans

L'ex-gloire du cricket pakistanais Imran Khan, aujourd'hui à la tête d'un parti d'opposition, a refusé lundi l'offre des talibans de joindre leur comité chargé de négocier la paix avec le gouvernement afin de mettre fin à des années d'un conflit meurtrier.

Les talibans pakistanais du TTP, un regroupement de factions islamistes armées multipliant les attentats sanglants depuis sept ans, avaient nommé ce week-end une équipe chargée d'établir la "feuille de route" d'un processus de paix avec le gouvernement du Premier ministre Nawaz Sharif.

Les talibans ont notamment mandaté Sami ul-Haq, chef d'un des plus influents partis islamistes du pays, et le mollah Abdul Aziz, à la tête de la mosquée Rouge controversée d'Islamabad, mais également Imran Khan, dont la formation plaide en faveur d'un dialogue entre le pouvoir et les insurgés.

Le Parti de la Justice (PTI) de M. Khan dirige le gouvernement local de la province du Khyber Pakhtunkhwa, un refuge des talibans dans le nord-ouest du pays, à la lisière de l'Afghanistan, mais fait partie de l'opposition au parlement fédéral à Islamabad.

Le PTI "apprécie, mais décline" l'offre des talibans car un de ses dirigeants fait déjà partie de l'équipe de négociateurs du gouvernement, a déclaré lundi à l'AFP Shireen Mazari, porte-parole de la formation qui appelle toutefois à un cessez-le-feu entre les rebelles islamistes et les forces armées afin de donner une chance à cette nouvelle amorce de dialogue.

"Nous nous attendons à un cessez-le-feu entre le gouvernement et les talibans, cela est essentiel au processus de paix", a aussi déclaré lundi Sami ul-Haq à la veille d'une rencontre entre les négociateurs des talibans et du gouvernement, précisant que le TTP n'avait pas établi de conditions préalables au dialogue.

"Nous allons tenter de compléter les négociations au cours des prochaines semaines...", a dit M. ul-Haq à l'AFP en marge d'une conférence de presse à Islamabad.

Le fossé entre les insurgés, favorables à l'imposition de leur version de la loi islamique, et le gouvernement demeure encore infranchissable, estimaient lundi des commentateurs pakistanais au lendemain d'un nouvel attentat meurtrier dans un cinéma de Peshawar, grand carrefour du Nord-Ouest du pays.

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