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03/02/2014 07:25 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Opposition en Afrique du Sud: Zille assume la rupture avec Ramphele

La chef de l'opposition libérale sud-africaine, Helen Zille, a assumé lundi son échec à rallier l'ancienne militante anti-apartheid Mamphela Ramphele, dont elle avait fait sa candidate à la présidence et qui a mis fin à cette alliance dimanche.

Ce flop brise net les espoirs de voir une opposition libérale unie affronter l'ANC - le parti qui domine la scène politique sud-africaine depuis la fin de l'apartheid en 1994- aux prochaines élections générales prévues au second trimestre.

Cette alliance "aurait été magnifique", a dit Mme Zille, lors d'une conférence de presse à Johannesburg. "Je dois prendre mes responsabilités", a-t-elle ajouté alors que des éditorialistes s'interrogent sur la légèreté avec laquelle elle avait scellé cette alliance.

Mamphela Ramphele est revenue dimanche sur l'accord, annoncé en grande pompe par les deux femmes mardi, qui faisait d'elle la candidate de l'Alliance démocratique (DA), le parti de Mme Zille.

Leur union n'aurait certainement pas permis de battre l'ANC. Mais l'arrivée de Mme Ramphele, une intellectuelle noire, aurait donné un coup de pouce à la DA qui peine à se défaire de son image de "parti blanc" malgré la montée au créneau de jeunes loups de couleur.

La DA avait publié vendredi un communiqué signé par les deux femmes, annonçant que Mme Ramphele rejoindrait ses rangs lundi lors d'une conférence de presse à Johannesburg. Les statuts de la DA stipulent en effet que seuls ses membres peuvent être candidats sous ses couleurs.

Mais Mamphela Ramphele, vertement critiquée pour avoir annoncé ses fiançailles avec la DA sans avoir prévenu ses troupes, avait rapidement réagi en disant que le communiqué avait été publié sans son accord et qu'elle resterait le leader de son petit parti, Agang SA. Elle a parlé dans un message vidéo à ses partisans de "partenariat" avec la DA, quand celle-ci évoque une "intégration" des deux partis.

Mamphela Ramphele a expliqué lundi que les "détails" n'avaient pas été discutés, et que son parti, fondé il y a moins d'un an, n'aurait pas pu se saborder aussi facilement.

Plus généralement, elle a estimé qu'elle incarnait toujours une alternative pour les déçus de l'ANC qui pensent que la DA est un parti trop blanc.

"Il y a des millions de Sud-Africains qui ne voteront jamais pour la DA, mais ils veulent un foyer, qu'Agang SA va leur donner", a-t-elle déclaré lundi.

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