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03/02/2014 08:58 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

L'UE réfléchit avec ses partenaires à la façon d'aider financièrement l'Ukraine

L'Union européenne réfléchit avec ses partenaires, dont les Etats-Unis et le FMI, à la façon d'aider financièrement l'Ukraine à condition que Kiev s'engage sur la voie des réformes et que les violences cessent, ont annoncé lundi les services du chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton.

L'UE et les Etats-Unis "développent un plan - un Plan Ukrainien, comme j'ai suggéré qu'ils l'appellent - qui examine ce que nous devons faire dès maintenant dans différents secteurs de l'économie pour améliorer les choses", a dit Mme Ashton, dans un entretien publié par le Wall Street Journal, alors qu'elle se trouvait à Munich (sud de l'Allemagne) pour une conférence sur la sécurité aux côtés notamment du secrétaire d'Etat américain, John Kerry.

"La situation économique en Ukraine est très difficile et l'UE est très engagée pour voir ce qu'on peut faire dans ce contexte là", a confirmé sa porte-parole à Bruxelles. Mais cette aide est "liée aux réformes qui sont nécessaires pour l'économie ukrainienne", a ajouté Maja Kocijancic. Elle a indiqué que l'UE réfléchissait à un plan d'aide avec ses partenaires, y compris le FMI, mais a refusé d'entrer dans les détails.

"Pour autant que nous le sachions, nous en sommes au stade des préparatifs. Nous ne connaissons pas encore tous les détails de ce plan d'aide. Nous jetterons un coup d'oeil à ce qui va être mis sur la table dans les prochains jours", a confié à l'AFP un diplomate d'un grand pays européen s'exprimant sous couvert d'anonymat.

"Racler les fonds de tiroirs"

Un autre diplomate, s'exprimant également sous couvert de l'anonymat, a indiqué qu'il y avait "encore beaucoup à faire pour passer de l'idée vague (lancée par Mme Ashton) à un plan détaillé".

"Il s'agit de recenser tout ce que les Européens peuvent mettre sur la table, avec les Américains, en raclant les fonds de tiroirs sur les fonds européens", a expliqué ce diplomate. Mais, "il sera difficile, je le crains, d'arriver à hauteur de l'offre russe", a-t-il ajouté.

Lors des négociations sur l'accord d'association, l'UE avait proposé 610 millions d'aides financières à l'Ukraine. Mais cette aide, conditionnée au drastique programme de réformes du FMI, avait été jugée dérisoire par le gouvernement de Viktor Ianoukovitch. "nous n'avons pas à être humiliés de la sorte", avait-il dit.

En décembre, après l'échec de l'accord d'association, le Premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, qui a démissionné depuis, avait chiffré à 20 milliards d'euros l'aide financière dont son pays avait besoin de la part de l'UE. Il avait précisé que cette aide pourrait être une "contribution de l'UE dans des investissements et des projets communs profitables pour les deux parties".

La Russie a finalement remporté la mise en proposant à Kiev 15 milliards de dollars de crédits assortis d'une baisse de 30% du prix du gaz russe.

Mais les autorités russes ont décidé la semaine dernière d'attendre la formation d'un nouveau gouvernement avant tout nouveau versement et multiplient ces derniers jours les déclarations d'inquiétudes sur la dette gazière de Kiev.

Selon le journal russe Vedomosti, malgré le rabais de 30% accordé par Moscou, l'opérateur gazier ukrainien Naftogaz n'a pas réglé sa facture de 650 millions de dollars pour le mois de janvier et sa dette totale atteint 3,35 milliards de dollars.

Dans son entretien, Mme Ashton, qui est attendue à Kiev "probablement mercredi" selon son entourage, n'a pas précisé le montant de l'aide envisagée par les Européens et leurs partenaires mais a indiqué que "les chiffres ne seront pas modestes".

L'aide ne sera pas seulement constituée d'argent, a-t-elle dit. Parmi les pistes envisagée pour aider l'Ukraine, elle a cité la possibilité d'offrir des "garanties" financières, des aides à l'investissement ou encore le soutien à la monnaie ukrainienne pour assurer sa stabilité.

Depuis le refus du président Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'UE en novembre, l'Ukraine est secouée par une vague de contestation.

aje/cel/bir

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