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03/02/2014 05:48 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis défendent leur stratégie en Syrie

Les Etats-Unis ont défendu lundi leur stratégie diplomatique en Syrie et ont nié que leur secrétaire d'Etat John Kerry ait plaidé auprès d'élus américains pour armer les rebelles syriens.

Alors que la Syrie vient de connaître le mois le plus meurtrier depuis le début du conflit, avec 5.794 morts répertoriés en janvier par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une polémique a éclaté dans des médias américains après des déclarations d'influents sénateurs. Ceux-ci ont affirmé que M. Kerry aurait admis, lors d'une rencontre ce week-end à Munich (Allemagne), que la politique de Washington en Syrie avait échoué et qu'il fallait en changer.

"Personne au sein du gouvernement ne pense que nous en faisons assez pour résoudre la crise humanitaire et mettre fin à la guerre civile", a concédé la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki.

Elle a dit avoir assisté à la réunion entre son ministre et une vingtaine de sénateurs, dont le républicain John McCain, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité: "A aucun moment (M. Kerry) n'a déclaré ce qui est cité, à savoir que le processus avait échoué", a défendu la porte-parole.

"Ils ont discuté de l'éventail d'options que le gouvernement a toujours eu à sa disposition", a insisté Mme Psaki.

Quant à la question de l'armement des rebelles, "à aucun moment, il (M. Kerry) ne l'a soulevée, ni ne s'y est engagé et c'est donc une mauvaise description de ce qui a été dit", a-t-elle martelé.

Elle a concédé que les Etats-Unis "devaient bien sûr continuer d'examiner ce qu'ils pouvaient faire de plus", mais qu'il n'y avait "pas de changement de stratégie" en Syrie.

Lundi au moins 26 personnes, dont 11 enfants, ont été tuées dans de nouveaux bombardements de l'armée syrienne sur la ville d'Alep (nord), menés à l'aide de barils d'explosifs lancés depuis des hélicoptères. Dimanche, ces bombardements avaient déjà fait 36 morts et samedi 85, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins.

Ces bombardements menés par l'armée syrienne ont entraîné un exode massif de la population civile vers les zones contrôlées par le gouvernement.

Malgré les pressions et les critiques aux Etats-Unis, mais aussi de pays arabes alliés, le président Barack Obama a toujours refusé d'armer directement les rebelles syriens modérés, de peur que les arsenaux ne tombent entre les mains d'extrémistes liés à Al-Qaïda.

Washington fournit toutefois officiellement une assistance militaire dite "non létale" (véhicules blindés, instruments de communication...) au Conseil militaire suprême syrien, bras armé de l'opposition modérée. Des informations sur des livraisons d'armes légères n'ont jamais été confirmées par l'administration américaine.

John McCain est un chantre de l'interventionnisme militaire américain en Syrie et réclame d'armer la rébellion. D'après lui et l'un de ses pairs, Lindsay Graham, cité dans le Washington Post, M. Kerry leur aurait dit que les Etats-Unis étaient arrivés "au point de se dire qu'ils allaient changer de stratégie".

Aux yeux du porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney, ces propos "reflètent l'idée que se font les sénateurs Graham et McCain de notre politique, pas ce qu'en pense le ministre Kerry".

Plus de 136.000 personnes sont mortes depuis le début en mars 2011 du conflit qui a fait aussi plusieurs millions de réfugiés et de déplacés.

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