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03/02/2014 12:35 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

La corruption coûte 120 milliards d'euros à l'UE chaque année

La corruption touche les 28 pays de l'Union européenne (UE) et coûte environ 120 milliards d'euros (180,1 milliards de dollars) à leurs économies chaque année, prévient un document rendu public lundi.

Ce rapport compilé par l'UE est le premier à s'intéresser à la corruption. Il a été dévoilé lundi par Cecilia Malmström, la Commissaire européenne aux Affaires intérieures.

Mme Malmström a expliqué que le montant perdu chaque année en contrats gouvernementaux engraissés, en financement politique occulte, en pots-de-vin versés pour obtenir des soins de santé et en d'autres pratiques corrompues serait suffisant pour financer le budget de fonctionnement annuel de l'Union européenne.

« Il n'y a pas de zones libres de corruption en Europe, a-t-elle dit lors d'une conférence de presse. Nous n'en faisons pas assez. Et ça s'applique à tous les États membres. »

Le rapport ne fournit pas de classement des pays en matière de corruption, mais Mme Malmström a reconnu que certaines des « démocraties les plus jeunes », en Europe de l'Est, sont confrontées à des défis particuliers. Le rapport comprend toutefois une analyse des problèmes et des réussites de chaque pays.

L'étude a déterminé que la corruption est surtout présente aux niveaux locaux et régionaux, et que dans certains pays européens le problème est particulièrement présent quand vient le temps d'obtenir des soins de santé ou dans le cadre de projets immobiliers en milieu urbain.

Les contrats gouvernementaux gonflés sont très problématiques, a dit Mme Malmström.

L'approvisionnement gouvernemental de biens et services représente environ 20 % de toutes les dépenses de l'Union européenne, a ajouté la commissaire, et des études démontrent que le quart de l'argent dépensé pourrait être aspiré par la corruption.

Du côté du secteur privé, 40 % des compagnies interrogées lors d'une enquête estimaient que la corruption est problématique quand vient le temps de faire des affaires avec l'Union européenne, a poursuivi Mme Malmström.

« On perd énormément d'argent, a-t-elle dénoncé. Si on ne condamne pas la corruption comme étant immorale et parce qu'elle abîme la légitimité démocratique, alors il y a raison d'agir pour des motifs économiques. »

Les impôts versés par les contribuables européens sont souvent mal dépensés pour acheter des biens et services qui ne fournissent pas un bon rendement aux citoyens, a dit la commissaire.

Le directeur pour l'Union européenne de Transparency International, un organisme de lutte à la corruption, a salué la publication du rapport européen, au moment où les électeurs s'apprêtent à choisir un nouveau Parlement européen.

« Ce rapport démontre un échec perpétuel des politiciens à contrôler leurs conflits d'intérêts, surtout en ce qui concerne leurs liens avec les affaires et l'industrie », a dit Carl Dolan.

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