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03/02/2014 10:55 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Kenya: une centaine de suspects en détention après les émeutes de Mombasa

Un tribunal de la ville côtière kényane de Mombasa a ordonné lundi le maintien en détention de 129 personnes, arrêtées lors d'émeutes la veille et que la police suspecte d'appartenir au groupe islamiste somalien shebab, auteur d'attentats au Kenya.

Le juge James Omburah a ordonné que les suspects restent détenus jusqu'à vendredi, comme le demandait le responsable de l'enquête qui a réclamé du temps, notamment pour procéder à des tests ADN sur l'ensemble des suspects.

Les avocats présenteront leurs demandes de remise en liberté sous caution, lors d'une nouvelle audience vendredi, a précisé le juge.

"J'enquête pour savoir s'ils sont membres d'un groupe terroriste, à savoir les shebab, en violation de (...) la loi sur la prévention des actes terroristes", a expliqué à la Cour l'inspecteur Simon Simiyu, estimant que les investigations étaient vastes et complexes.

"En raison de la situation sécuritaire actuelle, je demande que chacun des suspects soient détenus", a poursuivi le policier en référence au renforcement de la sécurité dans le pays, après une présumée tentative d'attentat avortée contre l'aéroport de Nairobi, mi-janvier. Il a qualifié les suspects de "dangereux et nuisibles à la sécurité nationale".

Dimanche la police a mené une opération contre la mosquée radicale "Masjid Musa", où se tenait selon les forces de l'ordre une "convention djihadiste". L'opération a déclenché de violentes émeutes, dont le bilan restait incertain.

Trois femmes - dont deux avec des enfants - ainsi qu'une vingtaine de mineurs, dont des enfants, figuraient parmi les suspects déférés lundi devant le tribunal de Mombasa, la deuxième ville du pays, située sur la côte à majorité musulmane du Kenya.

Des émeutes étaient déjà parties de cette même mosquée en octobre, après l'assassinat d'un prédicateur radical qui y officiait, Cheikh Ibrahim Ismail. En août 2012, une autre figure de l'islam radical prêchant dans cette mosquée, Aboud Rogo Mohamed, suspecté par l'ONU d'être le relais des shebab au Kenya, avait été aussi assassiné, déclenchant là encore plusieurs jours de violences urbaines.

Les shebab sont soupçonnés de diverses attaques sur le sol kényan, dont celle du centre commercial Westgate, la plus spectaculaire et meurtrière (au moins 67 morts) dans le pays depuis 1998.

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